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Johanne Blanchette : Office des personnes handicapées du Québec
Dans les dernières années, plusieurs demandes pour la reconnaissance officielle de la langue des signes québécoise (LSQ) ont été faites, notamment dans le cadre de deux consultations publiques visant à élaborer des projets de loi pour la modification de la Charte de la langue française, en 2001 et en 2013. Au Canada, une seule province a reconnu la langue des signes dans une loi. Il s'agit de l'Ontario, qui a reconnu l'American Sign Language et la LSQ comme langues officielles d'instruction dans la Loi sur l'éducation en 1993.
Il existe peu de documentation sur les impacts (économiques, sociaux, culturels, etc.) d'une reconnaissance officielle d'une langue des signes. L'Office des personnes handicapées du Québec a procédé à une revue de la littérature sur les démarches de reconnaissance des langues des signes dans le monde et leurs impacts. En 2014, on comptait 57 pays ayant reconnu officiellement une langue des signes dans leur Constitution, dans une loi ayant trait à l'éducation ou dans un autre document législatif. Selon les différents auteurs qui se sont intéressés à la question, on constate que la reconnaissance d'une langue des signes a un impact symbolique et coïncide avec un changement d'attitude positif à l'égard des personnes sourdes. Par contre, les impacts d'une telle reconnaissance sont difficiles à mesurer et ne sont pas suffisants pour accroître la participation sociale des personnes sourdes, leur accès à l'éducation en langue signée ou à des interprètes.
Le mouvement social sourd a mobilisé une affirmation positive née de la conviction que les personnes sourdes expérimentent le monde différemment des personnes entendantes (Padden & Humphries, 1988). En réponse à une vision médicale situant la perte auditive comme une déficience, il met de l’avant une appartenance socioculturelle ayant comme pivot l’identité sourde et les langues des signes (Bauman & Murray, 2014).
L’objectif de ce colloque est d’offrir aux chercheurs et étudiants évoluant dans un cadre lié aux études sourdes francophones une plateforme d’échange sur leurs intérêts de recherche en regard de leurs différentes méthodologies, approches et postures épistémologiques. La majorité des travaux en études sourdes étant actuellement publiés en anglais, et concernant principalement les réalités états-uniennes et britanniques (Foster, 2007), nous proposons une mise en commun des savoirs et des enjeux propres aux pays et communautés francophones, que ce soit au Québec, en France ou ailleurs.
C’est dans une perspective d’échange que nous rassemblons des chercheurs et des étudiants de divers domaines (anthropologie, communication, ergothérapie, études urbaines, éducation, linguistique, psychologie, sociologie, etc.), d’universités québécoises, françaises, canadiennes, américaine et britannique, pour construire un dialogue sur les thématiques de recherche et les enjeux émergents actuels, dont :
– la promotion des droits des sourds et l’accès aux services;
– l’intégration et l’inclusion en milieux scolaire et professionnel;
– les types d’expressions linguistiques en langue des signes;
– l’enseignement et la structure de la langue des signes;
– l’art et la création en langue des signes;
– les appartenances et les expériences sourdes.
Les 29 présentations retenues par arbitrage par les pairs seront regroupées pour ce colloque en sept séances, dont six tables rondes et une session d’affiches. Une dernière table ronde sera proposée à la fin du colloque par les chercheurs sourds du colloque afin de débattre des enjeux liés à la participation sociale des chercheurs sourds, une fois les études terminées.
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