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Isaac Bazié
Le fait colonial vient hanter et documenter les lettres francophones contemporaines de manière assez frappante. Nul besoin de s'attarder sur la distance objective qui sépare l'écrivain francophone des années 2000, des faits et discours qui ont nourri l'histoire dans le dernier tiers du 19e siècle. Par contre, l'hypothèse ouvrant l'analyse de l'Afrique, figure dynamique par définition nourrie aux sources de plusieurs pratiques, depuis justement la fin du 19e siècle aux œuvres des écrivains francophones des années récentes, m'apparaît d'un intérêt heuristique et théorique notoire. Mon hypothèse est que l'Afrique coloniale apparaît comme un lieu refuge et un lieu des transfuges de divers genres. En partant du célèbre roman de Pierre Loti, Roman d'un spahi (1881), je cadrerai cette Afrique coloniale de deux manières : du point de vue taxinomique (le roman colonial) ; du point de vue de la figure du sujet colonial blanc, pris dans une transitivité qui exige que ceux qui s'y retrouvent vivent des passages et des métamorphoses dont l'issue n'est jamais garantie. C'est surtout, à partir de ce modèle qui a fait école, la figure des transfuges dans le contexte d'une Afrique idéalisée ou à conquérir qui m'intéressera : les conclusions que je tirerai se baseront sur l'étude de textes plus récents (Le Clézio, Monénembo) pour mettre en évidence ce lieu qui apparaît par la convocation de la colonisation, comme un lieu de passage par excellence.
Ce colloque invite les chercheurs de tous bords à une réflexion sur les représentations de la colonisation dans les littératures francophones contemporaines. Les angles de réflexion suivront — sans obligatoirement s’y limiter — les questionnements suivants : Comment les littératures francophones contemporaines représentent-elles la colonisation? L’investissent-elles de nouveaux contenus? Lui fixent-elles de nouveaux enjeux? Déploient-elles de nouvelles techniques d’écriture? Quelles nouvelles utopies, quels nouveaux projets de société proposent-elles et à quelles fins? À quelle nouvelle épistémè le champ littéraire francophone contemporain, en gardant ouverte la page de l’histoire coloniale, ouvre-t-elle? Quel(s) autre(s) savoir(s) sur le phénomène colonial — et ses divers épiphénomènes — cette épistémè recèle-t-elle? À quelle nouvelle (méta)critique du fait colonial les textes littéraires s’emploient-ils? Comment inscrivent-ils, dans leur déploiement narratif et énonciatif, la mémoire coloniale?
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