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Stéphane Martineau
Les questions d'apprentissage et de développement de la personne relèvent traditionnellement des différentes branches de la psychologie que ce soit le courant humaniste, le behaviorisme, le cognitivisme ou, encore, les neurosciences. Objet d'étude axé sur l'individu, l'apprentissage et de développement de la personne, historiquement, n'a pas suscité un grand intérêt en sociologie ; laquelle a eu tendance à ignorer les questions s'y référant (Martuccelli, 1999). Cependant, depuis quelques décennies, la sociologie a considérablement renouvelé ses champs d'investigation (Martuccelli, 2002). Ce faisant, elle s'est de plus en plus orientée vers des objets et des questionnements généralement associés à la psychologie (Pharo, 1997). Ainsi, une certaine sociologie de l'individu ne se prive pas d'aborder des questions telles le deuil, la vie quotidienne, les relations de couple, etc (Lahire, 1998, 2004). Or, qu'en est-il des questions liées à l'apprentissage et au développement de la personne ? Au-delà du concept classique de socialisation, que peut dire la sociologie à ce sujet ? Plus précisément, que peut apporter l'éclairage sociologique à cette problématique la plupart du temps traitée sur un mode individualisant ? C'est à ces questions que notre intervention tentera de donner des réponses.
Ce colloque approfondira l’articulation entre les dispositifs, l’environnement et les interventions ayant trait à l’apprentissage et au développement. Il vise à mettre en lumière, dans des contextes allant de la petite enfance à la formation des adultes, les effets des différents facteurs qui influencent le développement de l’apprenant. Plus particulièrement, il permettra d’examiner les retombées voulues ou collatérales des dispositifs de formation formels ou informels (Lave et Wenger, 1991; Rahm, 2008; Rogoff, 2003) et des interventions pédagogiques (Kozulin et Presseisen, 1995), mais aussi les incidences indirectes des environnements (Valsiner, 2005). Ce sera aussi l’occasion de questionner l’évaluation du développement et autres approches méthodologiques qui influent sur la manière dont nous pilotons les interventions et pensons les dispositifs :
Quels sont les effets secondaires de dispositifs visant directement la réussite scolaire ou académique? L’atteinte des objectifs de formation est-elle garante d’un développement de la personne lui permettant de poursuivre des études ou d’exercer sa profession? Y a-t-il une tension entre les résultats à court terme et les répercussions des moyens utilisés pour atteindre ces résultats? Les interventions sur les apprentissages ont-elles nécessairement une incidence développementale?
Les contextes et dispositifs de formation ont-ils plus de retombées développementales que les interventions en ce qui a trait à l’enseignement et à l’apprentissage? Existe-t-il une concurrence entre les deux, du moins si on se penche sur la question des conséquences à long terme?
L’évaluation des apprentissages est-elle compatible avec l’évaluation du développement? L’évaluation du développement est-elle possible en contexte d’enseignement? Quels sont les fondements méthodologiques qui permettent des études réellement développementales en sciences de l’éducation?
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