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Julie Alary Lavallée : Université de Montréal
Cette communication s'inscrit dans le contexte d'une augmentation constante du nombre d'expositions collectives d'art contemporain de l'Inde présentées à travers le monde depuis 2005. Si cette réalité témoigne de l'inclusion récente de l'art non occidental dans les discours de l'histoire de l'art en Occident et de l'expansion des réseaux de diffusion artistique à l'échelle planétaire, elle met en évidence une dynamique transnationale complexe et peu étudiée entre l'Inde et sa communauté diasporique. Prenant en compte la reconnaissance récente de l'Inde vis-à-vis sa diaspora, depuis le tournant du 21e siècle plus précisément, nous traiterons de deux cas d'expositions où se côtoient la mère patrie et la communauté indienne établie à l'étranger. Edge of Desire: Recent Art in India (2005), la première manifestation majeure d'art contemporain de l'Inde présentée aux États-Unis, et Indian Highway (2012) présentée à Beijing, permettront de mettre en exergue certains enjeux majeurs - tant artistiques, sociaux, religieux que politiques – qui instaurent un va-et-vient entre dynamique locale et globale. Cet angle d'approche permettra également de traiter de la nécessité d'activer un cadre théorique pluridisciplinaire ainsi que de la place occupée par les études sur l'art de l'Asie du sud dans la francophonie.
La proposition du colloque « Arts des mondes / mondes des arts : pluralité des objets, discours et pratiques dans la francophonie » part du constat que l’histoire de l’art et la muséologie restent encore bien souvent cloisonnées dans leurs propres frontières, non seulement théoriques, mais aussi linguistiques et territoriales. Pourtant, une observation des pratiques professionnelles semble indiquer à la fois des porosités et des impasses dans ces champs de recherche. Prenant appui, mais sans toutefois se limiter, sur l’approche sociologique d’Howard Becker et la perspective des Global Art Histories (dont une traduction convenable resterait à discuter), le colloque soulignera la nécessité de considérer non plus des mondes de l’art mais des mondes des arts. Il s’agira donc de rendre compte de l’ouverture des disciplines à de nouvelles aires géographiques et linguistiques, et à de nouvelles formes artistiques. Il paraît ainsi de plus en plus clairement que ces constructions théoriques doivent être interrogées, étudiées, analysées.
En insistant sur l’emploi du pluriel, ce colloque se veut un moment privilégié pour exposer la pluralité des approches et des perspectives, qu’elles soient transversales, interdisciplinaires, historiques, contemporaines ou créatives. De plus, le sous-titre « pluralité des objets, pratiques et discours dans la francophonie », se présente comme une proposition de réflexion triangulaire. Par exemple, comment nos objets, nos pratiques et nos discours s’articulent-ils selon l’angle d’analyse envisagé et la position du chercheur ou de l’artiste?
À ce titre, trois thématiques nous paraissent particulièrement révélatrices de la complexité des interactions envisageables : archive(s) et mémoire(s); espace(s) et temps; théorie(s) et pratique(s). Par leur construction binaire, celles-ci participeront à l’analyse proposée à l’occasion du colloque « Arts des mondes / mondes des arts ».
Thème du colloque :