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Papa Oumar Badji : UQO - Université du Québec en Outaouais
Le panafricanisme, une idée politique et un mouvement, est à la fois une vision sociale, culturelle et politique d'émancipation de noirs et un mouvement qui vise à unifier les africains ducontinentet de la diaspora africaine en une communauté africaine globale. Il préconise une histoire partagée et une destinée commune des peuples d'Afrique et de la diaspora et que leur progrès social, économique et politique est lié à leur unité.
Apparu à la fin du XIXe siècle lors de la préparation de la Conférence panafricaine de 1900, le mot « panafricain » arrive en réaction aux conséquences du démantèlement progressif de l'esclavage en Amérique. Les 1er pas de cette lutte contre l'Esclavage, début XIXe siècle, sont premièrement textuels : un acte du 25 mars 1807 interdit latraite négrièresur tous territoires et côtes d'Afrique. De textuel, cet engagement devient réel, et militaire en Europe et aux Amériques de 1800 à 1870.
Nous allons tenter, par cette présentation, d'analyser l'impact du panafricanisme dans la l'émergence d'une identité commune noire et d'une solidarité transfrontalière et transcontinentale, plus précisément d'analyser la portée émancipatoire des textes de Edward Wilmot Blyden en Amérique, Anténor Firmin à Haïti et des discours de Kwamé Nkrumah en Afrique dans la libération culturelle des noirs.
Au début des années 1960, Lévi-Strauss prédisait que l’anthropologie allait subir une crise majeure, car son « objet d’étude principal », l’indigène, échappait à son emprise. Non seulement parce que les mouvements d’émancipation remettaient en question la légitimité du pouvoir colonial, mais aussi parce que les membres des peuples dominés commençaient à réfuter les discours qui justifiaient le colonialisme. Quinze ans plus tard, Saïd publiait L’orientalisme, un ouvrage dans lequel il dénonçait la « domination textuelle » de l’Occident sur l’Orient. Pour Saïd, la littérature et les narrations européennes qui dépeignaient l’Orient ainsi que les analyses universitaires qui soutenaient que la « Raison » devaient être imposées aux Orientaux servaient de justification au projet colonial.
Cette domination textuelle a longtemps minimisé les productions littéraires, artistiques, intellectuelles ainsi que les connaissances des peuples colonisés. Avec la montée des mouvements de décolonisation, les intellectuels des pays dominés ont entrepris une contestation de cette textualité. Celle-ci a pris plusieurs formes, la première consistant à déconstruire les discours eurocentristes en contestant l’universalisme des valeurs et de la science occidentale. La seconde permit aux peuples colonisés d’actualiser et de valoriser leurs propres narrations, leurs propres discours, leurs propres textes littéraires, traditions esthétiques et religions.
Saïd a été l’un des premiers à théoriser et à déconstruire la colonisation textuelle effectuée par les institutions occidentales. Récemment, s’est développé au sein des peuples autochtones ce même processus de décolonisation textuelle. L’objectif de cet atelier est d’examiner les différentes composantes de ce processus : réécriture critique de l’histoire; décolonisation de la recherche, de l’éthique et des méthodologies; productions littéraires, cinématographiques et artistiques destinées à rendre aux autochtones le contrôle de leur propre textualité.
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