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Le rôle du philosophe devant la corruption des mœurs, ou l'involontaire contribution de Rousseau à la Fondation de la métaphysique des mœurs

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Charlotte Sabourin : Université McGill

Résumé de la communication

S'il est vrai que, comme le fait remarquer Rousseau dans son premier Discours, les progrès du savoir ont eu des conséquences bien malheureuses pour l'espèce humaine, faut-il pourtant, devant ce sombre tableau, succomber à une misologie? Ce questionnement, exprimé par Kant dans la Fondation de la métaphysique des mœurs, vient ainsi faire écho aux préoccupations de Rousseau. Nous nous pencherons ici sur l'influence de ce dernier quant à la nature de la connaissance morale telle que conçue par Kant. Ainsi, le bien n'est pas atteignable par une accumulation de connaissances; les principes de la moralité sont plutôt déjà présents dans la raison humaine commune, laquelle constitue d'ailleurs le point de départ de Kant. L'expérience morale n'est pas l'apanage du sage ou du savant, mais bien l'affaire de tout un chacun. Une certaine similarité peut ainsi être observée jusqu'ici entre les deux philosophes. Cependant, nous verrons que les principes tirés de la raison commune ne sont, en eux-mêmes, pas toujours suffisants. C'est ici que doit intervenir le philosophe et que Kant se dissocie, par le fait même, de Rousseau: l'élaboration d'une métaphysique des mœurs, science a priori qui se penche sur la source des principes pratiques évoqués plus haut, est indispensable. Car « les mœurs elles-mêmes restent soumises à toutes sortes de corruptions, tant que ce fil conducteur et cette norme suprême qui en permet l'exacte appréciation font défaut.» (Ak. IV, 390)

Résumé du colloque

L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.

Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.

Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.

Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 28 mai 2015

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