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Mathieu Cusson : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
L'homme a depuis toujours choisi les berges des cours d'eau pour s'établir. Au Québec, les côtes du Saint-Laurent abritent une large portion de la population. Non seulement les zones côtières sont un lieu de production biologique (naturelle et par l'exploitation), mais elles sont aussi un accès à la nature particulièrement prisé. Du point de vue biologique, les côtes du Saint-Laurent comptent de nombreuses zones d'importance biologique uniques tels les marais et les herbiers. Ces zones contribuent au maintien et au bon fonctionnement des habitats à l'intérieur de l'ensemble de l'écosystème. Une meilleure connaissance de ces zones joue un rôle indéniable dans la gestion et le maintien de l'intégrité et l'efficacité écologique de ces systèmes. Une meilleure compréhension des rôles et des mécanismes qui maintient les écosystèmes en santé doit précéder une exploitation des ressources du Saint-Laurent et non l'inverse. Un déversement d'hydrocarbures affecterait non seulement l'écosystème côtier, mais également des milliers de personnes qui vivent en bordure du Saint-Laurent. Mieux comprendre pour mieux protéger afin que tous les utilisateurs aient un accès privilégié au Saint-Laurent dans un contexte durable.
Le golfe du Saint-Laurent est une entité unique qui réunit, autour des questions liées à son fonctionnement, des disciplines issues des sciences océaniques, sociales, de l’éducation et même des domaines liés à l’exploitation des ressources. Les spécialistes océaniques ne travaillent pas de manière isolée sur l'influence des perturbations naturelles et anthropiques. Ils partagent leur expertise avec des spécialistes en sciences de l’éducation, qui réalisent notamment des recherches sur les rapports aux savoirs scientifiques d’élèves et d’enseignants de sciences naturelles et de sciences humaines dans le cadre de démarches d’enseignement interdisciplinaire en lien avec des questions environnementales telles que l’adaptation aux effets des changements climatiques ou encore l’exploitation des hydrocarbures au Québec. Ces questions touchent également l’exploitation des ressources halieutiques et aquacoles, et sont en lien direct avec l’économie, la santé et le droit, le développement territorial durable et la gouvernance environnementale au regard de la diversité des acteurs concernés.
Ces préoccupations génèrent des représentations sociales et des discours dont il faut tenir compte pour mieux comprendre les interactions qui existent entre les collectivités dépendantes des ressources du golfe, les acteurs socioéconomiques qui entendent les exploiter et les écosystèmes marins et côtiers. Le défi est donc d’unifier les efforts déployés par les chercheurs quant au système du golfe du Saint-Laurent et d’entreprendre une réelle réflexion sur l’état des connaissances océanographique, sociale et éducative.