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Raphaëlle DANCETTE : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Archipel découvert par les Portugais en 1460, plate-forme pour la traite négrière, indépendant en 1975, le Cap-Vert s'est développé au gré de l'exploitation de ses ressources humaines et naturelles (esclaves, charbon, sel, chasse baleinière, et pêche). Aujourd'hui peuplées de descendants de ces Européens et Africains plus ou moins métissés, ses dix îles présentent des caractéristiques écologiques et socio-économiques variées. À Maio, la gouvernance liée à la création et la mise en oeuvre d'une aire marine protégée reflète ces enjeux historiques, ainsi que les enjeux plus récents du développement économique (essentiellement basé sur les services) du pays qui a quitté le groupe des pays les moins avancés de l'ONU en 2007. Certains acteurs font partie du processus de gouvernance et des résultats visés par celle-ci, alors que d'autres ne sont intégrés que dans l'un de ces deux volets de la gouvernance (processus ou résultats). En fonction de leur pouvoir dans la gouvernance et de leur potentiel d'intervention dans celle-ci, on caractérise ces acteurs comme étant présents - forts ou faibles, ou absents (non humains ou non contemporains). Cet exposé présentera les acteurs de la gouvernance marine à Maio, leur vision de leur territoire maritime et de sa gouvernance. Elle comparera cette gouvernance désirée à la gouvernance officielle (affichée et visible) et proposera des recommandations pour une plus grande intégration de ces acteurs à la gouvernance du territoire maritime.
La notion de territoire maritime est multiple : territoire d’usages, territoire habité, territoire juridique, territoire social, territoire symbolique. Ces différentes perceptions sont en cours de transformation suivant les nouvelles visions de l’environnement. Il y a réappropriation du domaine maritime par les collectivités humaines dans un souci de protection et de conservation. Cette réappropriation est parfois forcée, parfois réclamée, menant à des demandes, parfois à des luttes. Des zonages apparaissent. Les usages se modifient. Les utilisateurs de la nature doivent en devenir les protecteurs (pêche responsable, tourisme vert, écocertification). La démarche scientifique se transformet-elle aussi ? Comment conserver s’ajoute à comment utiliser. La notion de développement durable fait place à la « conservation pour l’harmonie homme-nature » (Objectifs d’Aïchi).
Le colloque proposé, d’une durée d’une journée, vise à mettre la question – et l’évolution – de la notion de territoire maritime dans une perspective systémique et interdisciplinaire. Les conférences seront regroupées autour de deux grands thèmes :
1) Le territoire comme relation homme-nature
– Quelle relation homme-nature? Historique et évolution; valeurs et usages;
– Droits humains et droits de la nature : bien commun, intérêt général, intérêts particuliers;
– Organisation du territoire : espace de production et espaces protégés; conservation; l’exclusion territoriale; écolabels et écocertifications;
– La vision des usagers.
2) Les paradigmes de la recherche
– La protection de l’environnement comme nouvelle priorité;
– Quelle gestion écosystémique? Gouvernance, définition et participation des acteurs;
– Droit des affaires, droits humains, droits de la « Terre-Mère » : vers un nouveau cadre juridique;
– Gains et pertes associés à la conservation; bénéfices écosystémiques;
– Inclusion des acteurs dans la création du savoir.
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