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Martin Simard : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Derniers fronts pionniers en territoire québécois au cours des trente glorieuses, Schefferville et Fermont constituent des communautés singulières. Il s'agit de deux petites villes de compagnies érigées dans les années 1950 et 1970, en-dehors de l'écoumène continu. Au-delà de leur intérêt sur le plan urbanistique, ces villes modèles sont affectées par les cycles économiques liés à l'industrie minière. Ainsi, la stagnation et le déclin suivent des périodes d'investissements, chaque étape de ce cycle amenant son lot de bénéfices et d'inconvénients. La planification des équipements et infrastructures et l'émergence d'une vie communautaire figurent en première ligne des enjeux d'aménagement et de développement qu'on y retrouve.Le phénomène des cycles économiques soulève la question de l'existence des villes et villages liés à l'exploitation des ressources au sein de territoires isolés. Outre le maintien d'une base économique, l'approvisionnement en aliments et produits en tout genre ainsi que la prestation des services sont des défis quotidiens. De plus le navettage de travailleurs sur de longues distances mine les fondements mêmes de ces communautés. Faut-il maintenir des lieux de peuplement permanents à la périphérie de la périphérie à l'ère de la mondialisation ? Comment concilier les désirs d'enracinement des uns et les volontés de mobilité des autres ? Nous allons discuter de ces questions à la lumière d'enquêtes réalisées auprès d'intervenants locaux à Fermont et à Schefferville.
Bien que difficile à délimiter précisément, le Nord québécois est un immense territoire qui couvre plus des deux-tiers de la superficie de la province. Très peu peuplé et largement méconnu, ce milieu physique et humain contient des paysages, des ressources et des écosystèmes uniques, accueillant à la fois des cultures ancestrales et de nouvelles populations. Que l’on soit enthousiaste ou sceptique face au Plan Nord du gouvernement québécois, il n’en demeure pas moins que cette politique de développement a mis en branle un renouveau d’intérêt à l'égard de ce milieu géographique singulier.
Mais doit-on d’emblée parler d’un milieu ou des milieux géographiques de l’espace nordique péninsulaire? En effet, l’existence de la région administrative du Nord-du-Québec cache une réalité régionale des plus diversifiées incluant les territoires du Moyen-Nord. Ainsi, il y a de grandes différences entre l’Eeyou Istchee-Jamésie, le Nunavik et les corridors miniers de la Côte-Nord. Cette complexité régionale ne doit pas faire oublier les enjeux communs tels que l’isolement, les problèmes de transport et les services publics limités. Le Nord québécois, c’est aussi un milieu social où les autochtones (Inuit, Cris, Innus et Naskapis) sont très présents, voire majoritaires au sein de plusieurs collectivités.
Plusieurs défis se présentent dans le Nord québécois : des défis « géotechniques » liés à la construction et au maintien d’infrastructures en milieu soumis au pergélisol et aux changements climatiques, des défis environnementaux associés aux grands barrages ou aux exploitations minières, et des défis socioéconomiques se répercutant sur l’emploi et le bien-être au sein des collectivités. Dans ce contexte, plusieurs phénomènes restent à expliquer et de nombreuses questions sont à débattre afin de mieux comprendre le Nord québécois, qu’on le perçoive comme un milieu de vie à consolider, une nature sauvage à préserver ou un gigantesque bassin de ressources à exploiter.