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Jean-Charles Pelland : UQAM - Université du Québec à Montréal
La recherche sur la nature de la cognition numérique emporte avec elle un nombre de questions importantes concernant la relation entre la psychologie et les mathématiques. Entre autre : l'expérimentation dans le domaine de la cognition numérique peut-elle expliquer le développement de concepts aussi objectifs que celui de NOMBRE? Est-il possible de construire un concept de nombre qui pourrait satisfaire les demandes de la pratique mathématique en se servant de mécanismes psychologiques? Le présent texte propose une analyse critique de réponses offertes à ces questions par des chercheurs en cognition numérique dans les dernières années. Je présente un bref résumé de certains résultats empiriques clés dans le domaine de la cognition numérique. Par la suite, je résume les grandes lignes de théories souvent citées dans la littérature – celles de Stanislas Dehaene, Susan Carey, et Helen DeCruz. Bien qu'elles fassent appel à des processus bien distincts, ces théories se fient toutes à l'existence de symboles numériques dans l'environnement pour expliquer le développement de nos concepts de nombre. Dans la dernière section, je développe un argument selon lequel on ne peut se fier à l'existence de symboles numériques pour expliquer le développement de concepts numérique, puisqu'en ce faisant, on place la charrue devant les bœufs.
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.
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