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Les pétitions amérindiennes au 19e siècle : entre patrimoine lettré et patrimonialisation

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Maxime GOHIER : UQAR - Université du Québec à Rimouski

Résumé de la communication

Les pétitions rédigées par les Amérindiens sous le Régime britannique sont généralement considérées comme les rares traces écrites laissées par ces individus de tradition orale. Certains chercheurs les ont même décrites comme une forme de patrimoine lettré, voire de protolittérature. Or, une analyse fine du contexte politique dans lequel ces documents ont été créés, des institutions au sein desquelles elles circulaient, de même que des acteurs qui intervenaient dans leur production, nous pousse plutôt à les envisager comme une forme de patrimonialisation, en ce sens où elles contribuaient essentiellement à faire des communautés amérindiennes un patrimoine politique propre à la colonie canadienne et à l'Empire britannique. Du même coup, les pétitions constituaient de véritables assises patrimoniales des communautés amérindiennes, vouées à permettre la (re)construction de leurs identités collectives.

Notre analyse portera essentiellement sur les réseaux de production des pétitions et sur la place occupée par les Amérindiens dans ces réseaux. Nous étudierons aussi le contexte et les modalités de préparation des textes, pour faire ressortir le rôle et les fonctions des différentes représentations stéréotypées qu'ils contribuaient à construire et à véhiculer.

Résumé du colloque

Du manuscrit à l’imprimé, la notion de patrimoine lettré au Québec revêt plusieurs visages. Elle invite à suivre le parcours d’imprimés arrivés d’Europe, à découvrir des manuscrits inédits ou à plonger dans la vie des habitants du 19e siècle en relisant les journaux de l’époque. Aux 18e et 19e siècles, l’émergence de cette culture lettrée repose sur les réseaux de sociabilité qui sont impliqués dans la production, la diffusion et la réception des écrits. Ce colloque entend questionner la présence et le rôle de ces réseaux dans la constitution du patrimoine lettré au Québec. Quelle place leur est réservée dans les écrits? De quelle manière ces réseaux interviennent-ils dans la production et le commerce de l’imprimé? Quel est leur rôle dans la transmission de la culture lettrée? Ces questions invitent à une approche pluridisciplinaire qui se décline en trois axes.

Le premier, Circulation et transmission du patrimoine lettré, pourra explorer des pistes telles que : la constitution et le fonctionnement des réseaux d’imprimeurs, de libraires ou d’écrivains; le parcours d’une œuvre, voire d’une collection, à partir d’archives ou d’ex-libris; le rôle des réseaux de sociabilité dans la constitution de bibliothèques personnelles, paroissiales, publiques ou institutionnelles; l’émergence de lieux de culture (librairies, instituts littéraires).

Le second axe, intitulé Réseaux de sociabilité comme instance de réception, ouvre la voie à des études sur la critique d’imprimés dans les échanges épistolaires, le rôle des réseaux de sociabilité dans les pratiques de lecture, ou encore les critiques littéraires ou stratégies publicitaires dans les journaux.

Le troisième, intitulé Mise en scène des réseaux de sociabilité dans les écrits, entend explorer les enjeux (sociaux, politiques, fictionnels) qui entourent la transposition des réseaux de sociabilité à l’écrit, ou encore les textes comme outils permettant de reconstituer des réseaux.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
manager icon Responsables :
Marie-Ange CROFT
section icon Date : 28 mai 2015

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