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Paola Cadeddu : Università degli Studi di Sassari
Notre modernité a su transformer, grâce à la médiation de l'art, l'histoire en mythe, la représentation en réalité, l'altérité en exotisme contribuant à la déperdition d'une partie de notre mémoire. Dans la Polynésie française, la colonisation a infligé une blessure tellement profonde que nous sommes bien loin de cette « idylle, un peu agitée, mais somme toute poétique, après laquelle ces amants intelligents seraient demeurés les meilleurs amis du monde » dont parlait Albert Memmi.[1]Réécrire l'Histoire devient alors une exigence qui vise à rétablir un équilibre jamais vraiment réalisé entre la voix tyrannique du conquérant et le silence soumis des vaincus. Tel est le but de Chantal Spitz, écrivaine polynésienne, auteur de L'île des rêves écrasés,[1] premier roman tahitien à être publié, fragment d'une écriture en lutte contre l'oubli.[1] Avec cette étude, nous nous proposons d'analyser les stratégies narratives et stylistiques mises en place par Chantal Spitz pour bâtir son esthétique de la révolte. Car si Chanatl Spitz veux réécrire l'Histoire elle le fait à sa manière, déconcertant les lecteurs du monde entier. Son écriture semble capable de par sa force, son authenticité et son originalité de donner une vigueur toute nouvelle à la littérature à travers des formes inédites qui font de cette révolte politique une révolte littéraire.
Ce colloque invite les chercheurs de tous bords à une réflexion sur les représentations de la colonisation dans les littératures francophones contemporaines. Les angles de réflexion suivront — sans obligatoirement s’y limiter — les questionnements suivants : Comment les littératures francophones contemporaines représentent-elles la colonisation? L’investissent-elles de nouveaux contenus? Lui fixent-elles de nouveaux enjeux? Déploient-elles de nouvelles techniques d’écriture? Quelles nouvelles utopies, quels nouveaux projets de société proposent-elles et à quelles fins? À quelle nouvelle épistémè le champ littéraire francophone contemporain, en gardant ouverte la page de l’histoire coloniale, ouvre-t-elle? Quel(s) autre(s) savoir(s) sur le phénomène colonial — et ses divers épiphénomènes — cette épistémè recèle-t-elle? À quelle nouvelle (méta)critique du fait colonial les textes littéraires s’emploient-ils? Comment inscrivent-ils, dans leur déploiement narratif et énonciatif, la mémoire coloniale?
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