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Wael SALEH : UQAM - Université du Québec à Montréal
La diversité des intérêts de connaissance est au principe de la diversité des disciplines en sciences humaines et sociales. Ces intérêts de connaissance, associés à des types de sensibilité qui sont le produit des expériences sociales des chercheurs, débouchent, à l'issue d'un processus de traduction scientifique des interrogations et des problèmes originels, sur des échelles d'observation, des niveaux d'analyse et des types d'objets singuliers. Mais cette invincible diversité des perceptions de connaissance signifie-t-elle l'impossibilité d'un accord quant à la scientificité des travaux? Cette communication cherche à expliquer comment une attitude critique et pluraliste face à la problématique de la subjectivité du chercheur permet à la fois d'éviter lʼimpérialisme scientifique (c'est-à-dire de considérer qu'il existe une « interprétation universelle » en pensant, du même coup, que toutes les autres sortes d'interprétations sont des « erreurs ») et le pluralisme relativiste (c'est-à-dire de ne pas tomber dans une sorte de pacifisme radical fondé sur l'idée d'un pluralisme relativiste et indifférencié en matière d'opérations d'interprétation).
Le « religieux », sous ses différentes figures comme la religion, le croire, les usages rituels, le sacré et bien d’autres encore, est devenu l’un des objets d’investigation les plus questionné en sciences humaines et sociales. Le bassin sémantique du religieux interroge sociologues, juristes et politologues qui les abordent notamment sous l’angle de la sécularisation, de la laïcité et du phénomène religieux, tout comme il continue de questionner philosophes, théologiens et religiologues sur le sens à lui donner. Mais le religieux est-il un « objet de recherche » comme les autres?
Plus spécifiquement, les récentes recherches sur le religieux ont été le lieu de nombreuses interrogations épistémologiques, méthodologiques et éthiques sur le positionnement du chercheur et de son sujet d’études. La distinction classique entre « expliquer » et « comprendre » a été progressivement remplacée par d’autres perspectives (transdisciplinarité, interculturalité, autoformation, etc.) et les études sur le religieux ont été des incubateurs privilégiés pour repenser, entre autres, les rapports théoriques et pratiques entre homme-femme, matérialité-spiritualité et religion-démocratie. L’approche du religieux, par la nature de son sujet, et par son caractère « inconnaissable » à une époque où la science est marquée par l’incertitude, a été le lieu de renouvellement des interactions entre le chercheur et son objet.
Ce sont ces nouvelles approches, leurs articulations novatrices et les alliances nouvelles dont elles sont porteuses qui seront l’objet premier de nos délibérations. Que ce soient les interrogations sur le positionnement axiologique du chercheur vis-à-vis le « religieux », l’imputabilité du chercheur devant la science qu’il produit ou le rôle du religieux dans l’identité du chercheur, l’objectif du colloque sera d’explorer quelques-unes des pistes originales, épistémologiques et méthodologiques, qu’ouvrent aujourd’hui les études sur le religieux.
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