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Meriem Bedjaoui : École Nationale Supérieure de Sciences Politiques
« Pendant 132 ans, et après plus de 40 ans d'opérations de pacification, MADAME LAFRANCE s'est installée sur ses terres, pour y dispenser ses lumières et y répandre la civilisation, au nom du droit et du devoir des races supérieures. Face à elle, l'enfant, sentinelle de la mémoire, va traverser le siècle, témoin à la fois innocent et lucide des exactions, des spoliations et des entreprises délibérées de déculturation » (M. Bey, Pierre sang papier ou sang, 2008).
Ma communication entend rappeler que la littérature algérienne d'expression française, qu'elle soit de la première génération (M. Dib, M. Ferraoun, M. Mammeri, A. Djebar) ou celle plus récente (Maissa Bey ou encore Kamel Daoud) a montré comment l'humanité a tissé, par le biais de l'écriture, un entrecroisement entre : espace, histoire et société. Comment un passé colonial douloureux, celui de la guerre d'Algérie, peut-il constituer encore de nos jours un prétexte à des fictions? Notre intervention portera sur ces paroles consignées à travers écriture-témoignage et autofiction dont la romancière Maissa Bey rend compte, sans haine mais également sans pardon. C'est à travers les romans Entendez-vous dans les montagnes (2002) et Pierre Sang Papier ou Cendre (2008) que l'auteur choisit de « fictionnaliser » la violence de la colonisation et les affres de la guerre d'Algérie, récits qui feront l'objet de notre communication.
Ce colloque invite les chercheurs de tous bords à une réflexion sur les représentations de la colonisation dans les littératures francophones contemporaines. Les angles de réflexion suivront — sans obligatoirement s’y limiter — les questionnements suivants : Comment les littératures francophones contemporaines représentent-elles la colonisation? L’investissent-elles de nouveaux contenus? Lui fixent-elles de nouveaux enjeux? Déploient-elles de nouvelles techniques d’écriture? Quelles nouvelles utopies, quels nouveaux projets de société proposent-elles et à quelles fins? À quelle nouvelle épistémè le champ littéraire francophone contemporain, en gardant ouverte la page de l’histoire coloniale, ouvre-t-elle? Quel(s) autre(s) savoir(s) sur le phénomène colonial — et ses divers épiphénomènes — cette épistémè recèle-t-elle? À quelle nouvelle (méta)critique du fait colonial les textes littéraires s’emploient-ils? Comment inscrivent-ils, dans leur déploiement narratif et énonciatif, la mémoire coloniale?
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