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Jimmy PLOURDE : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Dans cet article, je présente l'interprétation standard de la conception tractarienne des propositions négatives et soutient qu'elle n'est pas conforme à ce qui est dit dans le texte, notamment parce que, contrairement à ce qui est dit en 2.06, elle exclut qu'il y ait, dans le Tractatus, des faits négatifs. Je présente ensuite l'interprétation de Guido Bonino qui propose une interprétation de la négation qui est conforme avec l'idée qu'il y a des faits négatifs et qui conçoit ces derniers de façon à ce qu'il s'agisse d'une catégorie ontologique acceptable pour Wittgenstein. Cependant, sur le plan de la caractérisation de la négation, l'interprétation de Bonino présente une difficulté majeure : elle présuppose qu'il y aurait deux types distincts d'assertion dans le Tractatus, ce qui n'est pas conforme à ce qui est dit dans le texte. En renonçant à cette idée pour la remplacer par celle selon laquelle les propositions représentent, dans le Tractatus, des situations positives et des situations négatives dont on dit, dans les deux cas, qu'elles sont le cas, on obtient une interprétation nouvelle de la négation qui n'a ni les défauts de l'interprétation standard, ni ceux de l'interprétation de Bonino.
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.