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Oro omo titun ou la « sortie du nouveau-né » : un rite de passage des Yorubas de Bantè

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Auguste Ifèdoun Agai : Université Laval

Résumé de la communication

Oro omo titun ou la sortie du nouveau-né est une cérémonie que pratiquent les Yoruba en République du Bénin, Afrique de l'Ouest. C'est un rite identitaire par lequel le nouveau-né ou tout enfant est intégré dans sa famille clanique. Il est le centre de tout l'être de l'enfant. C'est l'acte de connaissance et de reconnaissance et d'accueil du nouveau-né par les membres de sa famille biologique. Le monde qui est rassemblé découvre le nouveau-né le jour de la cérémonie et prend acte de sa venue au monde tout en le reconnaissant comme un nouvel être. Par oro omo titun l'enfant est non seulement accueilli par ses parents, mais aussi la société l'accueille et le considère comme l'un des siens. Ce rite identitaire est considéré aussi comme un acte initiatique, un fait social, culturel et cultuel. Sa célébration appelle une alliance scellée et même établit une communion entre l'enfant et deux mondes : le premier, des vivants ; le second, des ancêtres. Il sera question dans l'exposé, de présenter dans un premier temps oro omo titun, en faisant ressortir ce qu'il révèle dans sa célébration. Ensuite, nous verrons en quoi sa pratique peut constituer ou non un problème pour la société de nos jours. Autrement dit, comment ce rite se célèbre-t-il et quelles implications a-t-il sur la vie des Yoruba ? Quelle est sa place dans la société ? Est-il célébré par tout le monde ?

Résumé du colloque

Le rite est autant une action qu’une catégorie, un fait qu’une perspective, une expression qu’une expérience. Paradoxalement, les « pratiquants » des actions rituelles semblent être les derniers à s’y référer en tant que catégorie, alors que les chercheurs du social et du religieux souvent n’y participent pas et, surtout, n’y croient pas. Dans ce colloque, nous posons la question des nouveaux sentiers qui s’ouvrent aux études rituelles. Nous voulons dépasser le décalage entre la facticité de l’action et sa signification, ainsi que la distance entre la naïveté des acteurs rituels et les questionnements critiques des chercheurs. Deux sortes de sentiers s’ouvrent devant nous : les sentiers esthétiques et les sentiers socioculturels.

L’expérience esthétique est semblable à celle du rite. Historiquement, l’expérience esthétique a dû s’émanciper de l’expérience rituelle religieuse pour conquérir son autonomie. Le « divin » rituel semble dès lors ne pas pouvoir se concilier avec le « sublime » artistique. Cependant, ils se confondent souvent, tant du point de vue des sujets religieux que des artistes et même aussi du point de vue de l’action elle-même, quand le sujet religieux a recours aux arts dans ses liturgies ou quand l’artiste s’applique avec dévotion à l’acte créateur.

En ce qui concerne les sentiers socioculturels, la nouveauté se rencontre dans le rite lui-même, en tant que perspective à partir de laquelle envisager le social et le culturel. Ici, il faut être clair : il ne s’agit pas d’étudier le rite en fonction de la société et de la culture, mais d’étudier la société et la culture « dans » le rite.

Les sentiers esthétiques rejoignent les sentiers sociaux et culturels dans la proposition d’une plus grande attention à la performativité rituelle. Les sentiers socioculturels influent sur les sentiers esthétiques en exposant l’importance du contexte, au-delà de la simple extériorisation de la subjectivité. Ainsi, les nouveaux sentiers ouverts aux études rituelles sont concordants, autant en ce qui touche l’expérience rituelle que l’expérience humaine par elle proportionnée. Ils sont « perspectivistes » non seulement parce qu’ils ont recours à plusieurs points de vue pour observer et analyser les rites, mais aussi parce qu’ils envisagent la pluralité des dimensions qui les caractérise et se laissent guider par elle dans l’enquête de cette étrange sorte de « déterminisme » esthétique qui nous fait reconnaître le bon, le beau et le vrai.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 28 mai 2015

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