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Ariane BLAIS-LACOMBE : Université Laval
Bien que Platon et Tocqueville soient considérés comme de grands critiques de la démocratie, rarement a-t-on établi un parallèle entre leurs pensées politiques respectives. Cela s'explique peut-être par le fait qu'ils ont examiné deux formes sensiblement différentes de la démocratie, soit celle ancienne et celle moderne. Cependant, au-delà de leurs critiques relatives à ces deux formes de la démocratie, certains éléments de leurs interprétations se rejoignent. Nous proposons de comparer les critiques platonicienne et tocquevilienne de la démocratie, afin de faire ressortir leurs points de convergence et de divergence. Un premier rapprochement que nous étudierons est leur angle d'analyse, qui consiste dans les deux cas à observer le régime politique, mais aussi son influence sur le caractère de ses citoyens. En effet, Platon comme Tocqueville décrivent les caractéristiques de l'homme démocratique. Un second point commun de ces deux auteurs est que leurs critiques comportent une appréciation positive de la démocratie. Si Tocqueville se déclare textuellement « l'ami de la démocratie », nous argumenterons que Platon l'est lui aussi. Afin d'établir le parallèle âme-régime et la critique amicale de la démocratie chez nos deux auteurs, nous nous concentrerons sur le début du deuxième tome de De la démocratie en Amérique de Tocqueville, sur les livres I et VIII de la République ainsi que sur des extraits du Politique de Platon.
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.
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