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Komi E. Akpemado : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les littératures francophones d'Afrique ont toujours connu depuis leur genèse un renouvellement de leurs thématiques, dicté par les bouleversements sociaux et politiques qui ont touché plusieurs pays. Après les indépendances, le chao postcolonial qui a inspiré toute une génération d'écrivains, a donné lieu à l'émergence d'une esthétique – aussi désignée comme « écriture de la désillusion ». Dans la tradition des écrivains de la Négritude, ils se sont révélés en se saisissant du réel pour dénoncer les nouveaux pouvoirs politiques qui à leur début, ont été vus comme des libérateurs.
L'ambition de cette contribution consiste à démontrer avec l'étude de l'œuvre de Kourouma que les littératures francophones d'Afrique, depuis les indépendances, malgré leur diversification thématique et esthétique ne cessent de questionner le fait colonial, partant du postulat que les nouveaux pouvoirs sont perçus comme les gestionnaires d'un héritage colonial et que les rapports que les nouveaux maîtres entretiennent avec le sujet postcolonial s'inscrivent dans une tradition coloniale.
Il conviendra d'autre part de montrer que, par ces écrits, les littératures francophones d'après les indépendances dévoilent un type de savoir, non seulement sur les rapports de force dans les néo-colonies, mais aussi sur les anciens maîtres.
Ce colloque invite les chercheurs de tous bords à une réflexion sur les représentations de la colonisation dans les littératures francophones contemporaines. Les angles de réflexion suivront — sans obligatoirement s’y limiter — les questionnements suivants : Comment les littératures francophones contemporaines représentent-elles la colonisation? L’investissent-elles de nouveaux contenus? Lui fixent-elles de nouveaux enjeux? Déploient-elles de nouvelles techniques d’écriture? Quelles nouvelles utopies, quels nouveaux projets de société proposent-elles et à quelles fins? À quelle nouvelle épistémè le champ littéraire francophone contemporain, en gardant ouverte la page de l’histoire coloniale, ouvre-t-elle? Quel(s) autre(s) savoir(s) sur le phénomène colonial — et ses divers épiphénomènes — cette épistémè recèle-t-elle? À quelle nouvelle (méta)critique du fait colonial les textes littéraires s’emploient-ils? Comment inscrivent-ils, dans leur déploiement narratif et énonciatif, la mémoire coloniale?
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