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Liliana Rizzuto : Université Laval
Manon Brunet a bien identifié l'abbé Henri-Raymond Casgrain comme le « chef du réseau littéraire québécois de la deuxième moitié du XIXe siècle ». L'analyse que nous proposons, dans le cadre de ce colloque, vise à montrer justement le rôle central du réseau d'influence casgrainien dans la publication et la réception de l'un des ouvrages les plus marquants de cette fin de siècle : le roman Angéline de Montbrun (1884) de Laure Conan. Comme Casgrain le souligne lui-même dans la critique qu'il fait paraître en préface du livre, le succès de l'œuvre repose en grande partie sur le soutien que lui démontre alors le champ littéraire naissant, et en particulier sur l'appui de quelques-uns de ses plus illustres représentants, ses amis. Les détails de la vaste entreprise promotionnelle déployée autour du roman et de son auteur sont connus entre autres grâce à la correspondance de Casgrain, de son « Étude sur Angéline de Montbrun » (1883), ainsi que par les nombreux articles et publications diverses signés Louis Fréchette, Henri d'Arles et Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, pour ne nommer qu'eux, qui paraissent au même moment. Notre communication tentera de faire la lumière sur le réseau de sociabilité qui se devine à travers ces écrits, en examinant surtout l'influence qu'il exerce sur la lecture contemporaine de l'œuvre et la consécration subséquente de celle qui devient rapidement la première « femme auteur au Canada ».
Du manuscrit à l’imprimé, la notion de patrimoine lettré au Québec revêt plusieurs visages. Elle invite à suivre le parcours d’imprimés arrivés d’Europe, à découvrir des manuscrits inédits ou à plonger dans la vie des habitants du 19e siècle en relisant les journaux de l’époque. Aux 18e et 19e siècles, l’émergence de cette culture lettrée repose sur les réseaux de sociabilité qui sont impliqués dans la production, la diffusion et la réception des écrits. Ce colloque entend questionner la présence et le rôle de ces réseaux dans la constitution du patrimoine lettré au Québec. Quelle place leur est réservée dans les écrits? De quelle manière ces réseaux interviennent-ils dans la production et le commerce de l’imprimé? Quel est leur rôle dans la transmission de la culture lettrée? Ces questions invitent à une approche pluridisciplinaire qui se décline en trois axes.
Le premier, Circulation et transmission du patrimoine lettré, pourra explorer des pistes telles que : la constitution et le fonctionnement des réseaux d’imprimeurs, de libraires ou d’écrivains; le parcours d’une œuvre, voire d’une collection, à partir d’archives ou d’ex-libris; le rôle des réseaux de sociabilité dans la constitution de bibliothèques personnelles, paroissiales, publiques ou institutionnelles; l’émergence de lieux de culture (librairies, instituts littéraires).
Le second axe, intitulé Réseaux de sociabilité comme instance de réception, ouvre la voie à des études sur la critique d’imprimés dans les échanges épistolaires, le rôle des réseaux de sociabilité dans les pratiques de lecture, ou encore les critiques littéraires ou stratégies publicitaires dans les journaux.
Le troisième, intitulé Mise en scène des réseaux de sociabilité dans les écrits, entend explorer les enjeux (sociaux, politiques, fictionnels) qui entourent la transposition des réseaux de sociabilité à l’écrit, ou encore les textes comme outils permettant de reconstituer des réseaux.
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