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Stéphanie Bernier
Qui sont les Individualistes de 1925? Le poète Alfred DesRochers (1901-1978) les décrit comme une « troupe [...] qui n'avait pas de théorie collective, pas de cercle formel, pas de revue, mais dont les fantassins lancèrent une trentaine de volumes entre les années 1925 et 1933 ». Pour comprendre ce qui unit Jovette Bernier, Alice Lemieux, Éva Senécal, Simone Routier, Robert Choquette, Rosaire Dion-Lévesque et Alfred DesRochers, il faut se tourner vers la correspondance. Or, si quelques études ont pris pour objet certaines correspondances de ce réseau, personne n'a encore étudié leur correspondance comme un tout signifiant. Cette étude se fera en trois temps. Premièrement, en considérant la lettre comme un « outil permettant de reconstituer des réseaux », je recomposerai un portrait détaillé des relations et de déterminer le rôle que chacun joue au sein de ce réseau. Deuxièmement, je chercherai à comprendre comment la lettre, plus qu'une preuve matérielle d'une relation entre deux individus, participe à la constitution du réseau. Troisièmement, j'étudierai comment le réseau à travers la correspondance agit en soi comme un « producteur d'imprimé », que ce soit par la demande de préface, de critique ou de collaboration à une revue. La correspondance formerait ainsi une sorte de réseau éditorial parallèle à l'intérieur duquel circulent les manuscrits commentés, corrigés. Ce dernier aspect conduira à sonder le rapport entre production littéraire et épistolarité.
Du manuscrit à l’imprimé, la notion de patrimoine lettré au Québec revêt plusieurs visages. Elle invite à suivre le parcours d’imprimés arrivés d’Europe, à découvrir des manuscrits inédits ou à plonger dans la vie des habitants du 19e siècle en relisant les journaux de l’époque. Aux 18e et 19e siècles, l’émergence de cette culture lettrée repose sur les réseaux de sociabilité qui sont impliqués dans la production, la diffusion et la réception des écrits. Ce colloque entend questionner la présence et le rôle de ces réseaux dans la constitution du patrimoine lettré au Québec. Quelle place leur est réservée dans les écrits? De quelle manière ces réseaux interviennent-ils dans la production et le commerce de l’imprimé? Quel est leur rôle dans la transmission de la culture lettrée? Ces questions invitent à une approche pluridisciplinaire qui se décline en trois axes.
Le premier, Circulation et transmission du patrimoine lettré, pourra explorer des pistes telles que : la constitution et le fonctionnement des réseaux d’imprimeurs, de libraires ou d’écrivains; le parcours d’une œuvre, voire d’une collection, à partir d’archives ou d’ex-libris; le rôle des réseaux de sociabilité dans la constitution de bibliothèques personnelles, paroissiales, publiques ou institutionnelles; l’émergence de lieux de culture (librairies, instituts littéraires).
Le second axe, intitulé Réseaux de sociabilité comme instance de réception, ouvre la voie à des études sur la critique d’imprimés dans les échanges épistolaires, le rôle des réseaux de sociabilité dans les pratiques de lecture, ou encore les critiques littéraires ou stratégies publicitaires dans les journaux.
Le troisième, intitulé Mise en scène des réseaux de sociabilité dans les écrits, entend explorer les enjeux (sociaux, politiques, fictionnels) qui entourent la transposition des réseaux de sociabilité à l’écrit, ou encore les textes comme outils permettant de reconstituer des réseaux.
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