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Christiane Moro : Université de Lausanne
Dans ma contribution, je traiterai de ce qui peut être qualifié de point aveugle de la psychologie développementale, tant mainstream qu'historico-culturelle vygotskienne, celui de l'invisibilité de la culture matérielle, des objets matériels et de leurs usages dans le développement humain précoce. En effet, force est de constater que la culture matérielle n'a été que faiblement considérée si ce n'est ignorée par les développementalistes. Dans la psychologie mainstream, inspirée de Descartes et de Kant, l'objet est envisagé dans ses propriétés physiques, telles qu'attribuées par le sujet, tandis que dans la psychologie historico-culturelle vygotskienne, le statut sémiotique de la culture matérielle demeure problématique. En bref, tant la psychologie mainstream que la psychologie historico-culturelle peinent à placer la culture matérielle à leur agenda. Or comme nous l'avons montré dans nos travaux sur la Pragmatique de l'objet à l'étape préverbale du développement, la culture matérielle joue un rôle de premier plan dans le développement du psychisme humain. Les deux grandes séries de travaux que nous avons conduits (et qui se poursuivent) sur le développement précoce, le premier concernant le volet appropriatif de la culture matérielle au travers des usages des objets, le second concernant la production des formes mêmes du psychisme humain (ou fonctions psychologiques) à partir de cette appropriation, en sont l'illustration. Des exemples paradigmatiques seront présentés et discutés.
Ce colloque approfondira l’articulation entre les dispositifs, l’environnement et les interventions ayant trait à l’apprentissage et au développement. Il vise à mettre en lumière, dans des contextes allant de la petite enfance à la formation des adultes, les effets des différents facteurs qui influencent le développement de l’apprenant. Plus particulièrement, il permettra d’examiner les retombées voulues ou collatérales des dispositifs de formation formels ou informels (Lave et Wenger, 1991; Rahm, 2008; Rogoff, 2003) et des interventions pédagogiques (Kozulin et Presseisen, 1995), mais aussi les incidences indirectes des environnements (Valsiner, 2005). Ce sera aussi l’occasion de questionner l’évaluation du développement et autres approches méthodologiques qui influent sur la manière dont nous pilotons les interventions et pensons les dispositifs :
Quels sont les effets secondaires de dispositifs visant directement la réussite scolaire ou académique? L’atteinte des objectifs de formation est-elle garante d’un développement de la personne lui permettant de poursuivre des études ou d’exercer sa profession? Y a-t-il une tension entre les résultats à court terme et les répercussions des moyens utilisés pour atteindre ces résultats? Les interventions sur les apprentissages ont-elles nécessairement une incidence développementale?
Les contextes et dispositifs de formation ont-ils plus de retombées développementales que les interventions en ce qui a trait à l’enseignement et à l’apprentissage? Existe-t-il une concurrence entre les deux, du moins si on se penche sur la question des conséquences à long terme?
L’évaluation des apprentissages est-elle compatible avec l’évaluation du développement? L’évaluation du développement est-elle possible en contexte d’enseignement? Quels sont les fondements méthodologiques qui permettent des études réellement développementales en sciences de l’éducation?
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