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Jonathan Glendenning : UQAM - Université du Québec à Montréal
Implanté en 2003 dans le quartier défavorisé du Downtown Eastside à Vancouver le site d'injection supervisé Insite est destiné à une population d'utilisateurs de drogues injectables (UDI). Se réclamant de la philosophie de réduction des méfaits ce site permet à ses usagers de s'injecter légalement leurs drogues dans un espace sécuritaire, hygiénique et supervisé.
Cette communication analyse la tension licite/illicite qu'aménage Insite. Elle démontre qu'Insite est un lieu où se manifestent et s'affrontent une culture médicale de l'usage (responsable et sécuritaire) et une culture de l'usage de « rue » (irresponsable et dangereuse). Le monde social propre aux UDI, avec ses normes, ses stratégies de survie et son environnement pose « problème » pour la santé et la sécurité publique. Ce problème est endigué par l'implantation d'un lieu alternatif de consommation et d'interactions sociales. Cet « espace disciplinaire » avec ses règles, ses protocoles et ses interactions obligées avec des « agents de la normalité sociale » favorise l'adoption par ses usagers d'une routine d'injection sécuritaire et d'une forme d'individualité sociale caractérisée par les injonctions d'autonomie et de responsabilité individuelle.
Le matériau sur lequel s'appuie cette présentation est composé des articles scientifiques publiés dans le cadre de l'évaluation officielle d'Insite nommée Scientific Evaluation of Supervised Injecting et des rapports officiels produits par et pour le site.
Si le statut du psychotrope, tel le pharmakon, se caractérise intemporellement par une ambiguïté entre remède et poison, thérapie et plaisir, un ensemble de nouvelles pratiques bouleverse la typologie des usages des psychotropes prévalant (médical/non médical, traitement/prévention/amélioration). Les psychotropes apparaissent de nos jours comme à la fois révélateurs de nouvelles normativités et catalyseurs de nouvelles socialités et identités. Au-delà du « pharmacocentrisme » et de l’approche épidémiologique dominante, ce colloque se propose d’étudier la consommation contemporaine de psychotropes comme une pratique socioculturelle significative.
1) Logiques de contrôle et normativités : entre usages licites et illicites
Cet axe s’intéresse aux normativités et aux logiques de contrôle qui visent à réguler les pratiques d’usages. Quelles logiques de contrôle prévalent, selon quels psychotropes? Quels enjeux sociopolitiques sous-tendent la classification légale des psychotropes? Comment les logiques de pathologisation/pharmaceuticalisation et de criminalisation/moralisation s’articulent-elles? Enfin, au nom de quelles valeurs et selon quelles normes la régulation des usages contemporains des psychotropes et leur consommation s’opèrent-elle et avec quels effets?
2) Cultures/sous-cultures/identités
Cet axe concerne les dynamiques culturelles et identitaires des pratiques contemporaines d’usages de psychotropes. Si elles sont depuis de nombreuses années sorties de la contre-culture pour mieux épouser les contours de la culture dominante (performance, consumérisme, autorégulation), les psychotropes demeurent au centre de dynamiques sous-culturelles, encadrés par un ensemble de rituels qu’il s’agit de mettre au jour afin d’appréhender les socialités sous-jacentes aux nouveaux usages du psychotrope (biosocialité). Il s’agira enfin d’aborder les nouvelles identités qui se forment autour de ces pratiques, entre addiction et plaisir, ou encore entre résistance et conformité.
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