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Pierre Hébert
Au Québec, la censure cléricale fortement influencé la lecture, nul n'en disconviendra. Mais est-ce à dire que les livres défendus ne circulaient que sous cape, ne laissant aucune trace à qui voudrait, aujourd'hui, les retracer ?
Circuler sous cape… ou par la correspondance. Car la lettre permet en toute impunité un échange de livres, de titres, impossible dans l'espace public. J'entends donc développer cet aspect : le rôle de la correspondance dans la diffusion du livre illicite.
À cette fin, les correspondances des années 1930 sont particulièrement intéressantes. Et celle de Louis Dantin se démarque : quelque 3000 lettres échangées avec plus d'une centaine de destinataires. Je me servirai de deux correspondances révélatrices: Dantin avec Alfred DesRochers, et avec Louvigny de Montigny.
Je ferai un relevé systématique des «mauvais livres» dans ces deux échanges épistoliers. Surtout, j'amorcerai une cartographie de cette circulation. Ainsi, d'ores et déjà je puis mentionner le socialisme et le communisme; l'érotisme; le livre à l'Index. Je terminerai par l'étude d'un cas exemplaire, celui de Walt Whitman, dont Dantin parle à nombre de ses correspondants dans le but avoué de faire connaître ce poète américain panthéiste, anarchiste et, dans certains poèmes du moins, chantre de l'homosexualité.
Du manuscrit à l’imprimé, la notion de patrimoine lettré au Québec revêt plusieurs visages. Elle invite à suivre le parcours d’imprimés arrivés d’Europe, à découvrir des manuscrits inédits ou à plonger dans la vie des habitants du 19e siècle en relisant les journaux de l’époque. Aux 18e et 19e siècles, l’émergence de cette culture lettrée repose sur les réseaux de sociabilité qui sont impliqués dans la production, la diffusion et la réception des écrits. Ce colloque entend questionner la présence et le rôle de ces réseaux dans la constitution du patrimoine lettré au Québec. Quelle place leur est réservée dans les écrits? De quelle manière ces réseaux interviennent-ils dans la production et le commerce de l’imprimé? Quel est leur rôle dans la transmission de la culture lettrée? Ces questions invitent à une approche pluridisciplinaire qui se décline en trois axes.
Le premier, Circulation et transmission du patrimoine lettré, pourra explorer des pistes telles que : la constitution et le fonctionnement des réseaux d’imprimeurs, de libraires ou d’écrivains; le parcours d’une œuvre, voire d’une collection, à partir d’archives ou d’ex-libris; le rôle des réseaux de sociabilité dans la constitution de bibliothèques personnelles, paroissiales, publiques ou institutionnelles; l’émergence de lieux de culture (librairies, instituts littéraires).
Le second axe, intitulé Réseaux de sociabilité comme instance de réception, ouvre la voie à des études sur la critique d’imprimés dans les échanges épistolaires, le rôle des réseaux de sociabilité dans les pratiques de lecture, ou encore les critiques littéraires ou stratégies publicitaires dans les journaux.
Le troisième, intitulé Mise en scène des réseaux de sociabilité dans les écrits, entend explorer les enjeux (sociaux, politiques, fictionnels) qui entourent la transposition des réseaux de sociabilité à l’écrit, ou encore les textes comme outils permettant de reconstituer des réseaux.
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