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Syliane MALINOWSKI-CHARLES : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Pour le matérialiste mécaniste qu'était Hobbes, seuls les corps existent, et parler d'un esprit incorporel ou immatériel est un non-sens. Hobbes propose des analyses très provocatrices, mais argumentées avec de nombreuses citations tirées des Écritures, pour soutenir (notamment au chapitre XI des Elements of Law) que les esprits et les anges sont des corps, simplement faits de matière très subtile. Parmi les interprètes contemporains, dont la majorité pensent tout simplement qu'Hobbes était athée et ne croyait donc pas que Dieu soit corporel (ni, à plus forte raison, incorporel), Dominique Weber est l'un des seuls à prendre au sérieux la thèse de la corporéité divine, énoncée en 1658 dans le cadre de la correspondance de Hobbes avec l'Évêque Bramhall puis, de manière plus publique, dans la version latine du Léviathan parue en 1668 à Amsterdam.
Dans cette présentation, je tenterai de continuer sur la voie ouverte par cette prise au sérieux de la corporéité divine en posant à Hobbes des questions d'ordre physique sur Dieu. En effet, tout corps est nécessairement en un lieu. Si Dieu est un corps, donc, où est-il par rapport à l'univers des corps « lourds » qui sont ceux de sa création? Le monde créé représenterait-il un corps fini, comme un passage de la fin du chap. III du Léviathan le laisse à penser d'une manière pour le moins énigmatique, du moins pour qui connaît la conception mécaniste classique de la matière comme s'étendant à l'infini dans l'espace?
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.