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Effets des méthodes d'enseignement institutionnelles sur la production d'oralisations chez les aînés Sourds québécois

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Stéphanie Luna : Université de Montréal

Résumé de la communication

En langue des signes québécoise (LSQ), des différences linguistiques entre les femmes et les hommes sourds, scolarisés par les institutions religieuses d'avant 1960, ont été révélées (Dubuisson et Grimard, 2006). L'hypothèse proposée pour expliquer ces variations est celle de l'exposition de ces groupes à des méthodes éducatives distinctes, notamment quant aux degrés d'enseignement en français oral. Compte tenu que les femmes sont davantage exposées au français que les hommes (Perreault, 2006) et qu'aucune information n'est disponible sur l'effet de ce contact linguistique sur leur production d'oralisations, ma question de recherche est la suivante : des différences d'oralisations existent-elles entre le discours des ainées sourdes et celui des aînés sourds québécois? Sachant que la présence d'oralisation est fortement liée au degré d'exposition à la langue orale environnante (Plaza-Pust et Morales-López, 2008), l'hypothèse proposée est que les productions des aînées sourdes seront davantage influencées par des caractéristiques du français que celles des aînés sourds. Je ferai l'analyse d'un corpus de LSQ issu de 24 aînés sourds. Les résultats préliminaires suggèrent que les femmes tendent à oraliser davantage (51% des signes) que les hommes (38% des signes). Ces résultats proposent une influence de l'éducation en français sur les productions des aînées. Cette recherche permettra notamment de mieux comprendre l'impact des choix didactiques sur la normalisation linguistique.

Résumé du colloque

Le mouvement social sourd a mobilisé une affirmation positive née de la conviction que les personnes sourdes expérimentent le monde différemment des personnes entendantes (Padden & Humphries, 1988). En réponse à une vision médicale situant la perte auditive comme une déficience, il met de l’avant une appartenance socioculturelle ayant comme pivot l’identité sourde et les langues des signes (Bauman & Murray, 2014).

L’objectif de ce colloque est d’offrir aux chercheurs et étudiants évoluant dans un cadre lié aux études sourdes francophones une plateforme d’échange sur leurs intérêts de recherche en regard de leurs différentes méthodologies, approches et postures épistémologiques. La majorité des travaux en études sourdes étant actuellement publiés en anglais, et concernant principalement les réalités états-uniennes et britanniques (Foster, 2007), nous proposons une mise en commun des savoirs et des enjeux propres aux pays et communautés francophones, que ce soit au Québec, en France ou ailleurs.

C’est dans une perspective d’échange que nous rassemblons des chercheurs et des étudiants de divers domaines (anthropologie, communication, ergothérapie, études urbaines, éducation, linguistique, psychologie, sociologie, etc.), d’universités québécoises, françaises, canadiennes, américaine et britannique, pour construire un dialogue sur les thématiques de recherche et les enjeux émergents actuels, dont :
– la promotion des droits des sourds et l’accès aux services;
– l’intégration et l’inclusion en milieux scolaire et professionnel;
– les types d’expressions linguistiques en langue des signes;
– l’enseignement et la structure de la langue des signes;
– l’art et la création en langue des signes;
– les appartenances et les expériences sourdes.

Les 29 présentations retenues par arbitrage par les pairs seront regroupées pour ce colloque en sept séances, dont six tables rondes et une session d’affiches. Une dernière table ronde sera proposée à la fin du colloque par les chercheurs sourds du colloque afin de débattre des enjeux liés à la participation sociale des chercheurs sourds, une fois les études terminées.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 29 mai 2015

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