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Dominic Hardy : UQAM - Université du Québec à Montréal
Dominic Hardy reviendra sur le cheminement professionnel qui l'a mené à l'enseignement et la recherche en histoire de l'art du Québec et du Canada à l'UQAM en passant par une carrière en tant qu'éducateur dans trois musées canadiens de taille très différente. Que ce soit dans un petit musée d'art municipal (Art Gallery of Peterborough), ou dans des grands musées (Musée des beaux-arts du Canada et Musée des beaux-arts de Montréal), la position de l'institution dans des réseaux locaux, nationaux et internationaux rend souvent très complexe sa négociation entre ces différents « mondes » à partir desquels il doit fabriquer une identité plurielle – à l'image, peut-être, des identités plurielles que peuvent lui présenter ses publics, qu'il s'agisse de communautés culturelles ou même de la pluralité présentée par une seul visiteur... C'est donc à partir d'une réflexion sur l'insertion de la communauté dans le musée, et vice-versa, par l'action culturelle et éducative qu'on tentera de tirer des orientations sur les effets culturels récupérés et produits par l'enseignement de l'histoire de l'art dans l'université.
La proposition du colloque « Arts des mondes / mondes des arts : pluralité des objets, discours et pratiques dans la francophonie » part du constat que l’histoire de l’art et la muséologie restent encore bien souvent cloisonnées dans leurs propres frontières, non seulement théoriques, mais aussi linguistiques et territoriales. Pourtant, une observation des pratiques professionnelles semble indiquer à la fois des porosités et des impasses dans ces champs de recherche. Prenant appui, mais sans toutefois se limiter, sur l’approche sociologique d’Howard Becker et la perspective des Global Art Histories (dont une traduction convenable resterait à discuter), le colloque soulignera la nécessité de considérer non plus des mondes de l’art mais des mondes des arts. Il s’agira donc de rendre compte de l’ouverture des disciplines à de nouvelles aires géographiques et linguistiques, et à de nouvelles formes artistiques. Il paraît ainsi de plus en plus clairement que ces constructions théoriques doivent être interrogées, étudiées, analysées.
En insistant sur l’emploi du pluriel, ce colloque se veut un moment privilégié pour exposer la pluralité des approches et des perspectives, qu’elles soient transversales, interdisciplinaires, historiques, contemporaines ou créatives. De plus, le sous-titre « pluralité des objets, pratiques et discours dans la francophonie », se présente comme une proposition de réflexion triangulaire. Par exemple, comment nos objets, nos pratiques et nos discours s’articulent-ils selon l’angle d’analyse envisagé et la position du chercheur ou de l’artiste?
À ce titre, trois thématiques nous paraissent particulièrement révélatrices de la complexité des interactions envisageables : archive(s) et mémoire(s); espace(s) et temps; théorie(s) et pratique(s). Par leur construction binaire, celles-ci participeront à l’analyse proposée à l’occasion du colloque « Arts des mondes / mondes des arts ».