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Claudia Marion Stemberger : Université McGill
Est-ce que la chimère de l'expression «art gone global» et la chimère de la dissolution des frontières des états nationaux masquent l'intégration de l'enseignement supérieur à la politique nationale et linguistique? Dans les faits, il n'existe pas de Ministère de l'Enseignement Supérieur Global.
Ma recherche porte sur le contexte de l'Afrique du Sud. Au regard de la tradition des discours d'outre-mer et du continent d'Afrique, j'interrogerai notamment «la tradition des emprunts sélectifs» (Peter Kallaway 2002) dans l'enseignement supérieur en Afrique du Sud. En appliquant cette tradition à la discipline de l'histoire de l'art, je m'intéresserai aux insinuations locales spécifiques.
Aux vues de l'institutionnalisation récente du « global turn » en histoire de l'art, ma recherche questionnera ce qu'implique de faire des Global Art Histories. À cet égard, je souhaite souligner le paradoxe d'établir un programme global qui, en réalité, est lié à des institutions nationales de l‘enseignement supérieur. Même si ce paradoxe n'est pas unique à l'Afrique du Sud, qu'en est-il pour le contexte de ce pays qui reconfigure l'intraductibilité éventuelle des discours? Comment situer la pédagogie des Global Art Histories avec un savoir des particularités discursives et la pluralité de ces cadres institutionnels dans les contextes nationaux et linguistiques? Comment décoloniser l'enseignement de l'histoire de l'art de façon critique, à travers le réexamen de la localité et de la mondialisation?
La proposition du colloque « Arts des mondes / mondes des arts : pluralité des objets, discours et pratiques dans la francophonie » part du constat que l’histoire de l’art et la muséologie restent encore bien souvent cloisonnées dans leurs propres frontières, non seulement théoriques, mais aussi linguistiques et territoriales. Pourtant, une observation des pratiques professionnelles semble indiquer à la fois des porosités et des impasses dans ces champs de recherche. Prenant appui, mais sans toutefois se limiter, sur l’approche sociologique d’Howard Becker et la perspective des Global Art Histories (dont une traduction convenable resterait à discuter), le colloque soulignera la nécessité de considérer non plus des mondes de l’art mais des mondes des arts. Il s’agira donc de rendre compte de l’ouverture des disciplines à de nouvelles aires géographiques et linguistiques, et à de nouvelles formes artistiques. Il paraît ainsi de plus en plus clairement que ces constructions théoriques doivent être interrogées, étudiées, analysées.
En insistant sur l’emploi du pluriel, ce colloque se veut un moment privilégié pour exposer la pluralité des approches et des perspectives, qu’elles soient transversales, interdisciplinaires, historiques, contemporaines ou créatives. De plus, le sous-titre « pluralité des objets, pratiques et discours dans la francophonie », se présente comme une proposition de réflexion triangulaire. Par exemple, comment nos objets, nos pratiques et nos discours s’articulent-ils selon l’angle d’analyse envisagé et la position du chercheur ou de l’artiste?
À ce titre, trois thématiques nous paraissent particulièrement révélatrices de la complexité des interactions envisageables : archive(s) et mémoire(s); espace(s) et temps; théorie(s) et pratique(s). Par leur construction binaire, celles-ci participeront à l’analyse proposée à l’occasion du colloque « Arts des mondes / mondes des arts ».