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Enzo Savanier : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Hobbes était-il athée? Donner une réponse à cette question est difficile, surtout que les commentateurs actuels ne s'entendent pas encore sur le sujet. Effectivement, la philosophie de Hobbes semble parfois défendre un athéisme. D'ailleurs, sa conception de l'État et du souverain tout-puissant peut être en contradiction avec l'idée d'un Dieu tout-puissant. Dès lors, est-il possible pour Hobbes de faire cohabiter ces deux puissances? Afin de répondre à cette question, et par le fait même s'intéresser à un Hobbes possiblement athée, il nous faudra voir comment le philosophe anglais pose Dieu et la religion afin de comprendre les relations qui existent avec le souverain étatique. Aussi, il nous faudra expliquer brièvement en quoi consiste le pouvoir du souverain et essayer, par comparaison, de comprendre quelles sont les difficultés posées par l'affirmation simultanée de ces deux puissances. Enfin, nous terminerons en indiquant la place que Hobbes réserve à Dieu, soit celle de l'éternel, et la place qui est faite au souverain, soit celle du temporel. Cependant, nous verrons que cette distinction n'est pas sans poser de problèmes puisque l'accusation qui ferait de Hobbes un athée peut être, malgré tout, encore soutenue.
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.