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Jean-François Barthe : Université Toulouse-Jean-Jaurès
L'imbrication systémique des relations entre l'homme et son environnement, au sens planétaire, est de nature à provoquer à brève échéance de multiples évolutions majeures pouvant avoir de fortes conséquences sur un plan international comme sur un plan local. Le réchauffement climatique, par exemple, est susceptible d'interroger les politiques publiques dans le domaine de l'environnement. Mais il aura probablement, également, un impact sur les manières de concevoir la ville, ou l'habitat de demain, sur les manières de se déplacer et les mobilités quotidiennes, et d'une manière générale sur nos futures pratiques quotidiennes.
Quand on aborde ces questions sous l'angle sanitaire, les problèmes d'inégalités apparaissent immédiatement. Les inégalités sociales face à la maladie, à la mort, à l'espérance de vie sont étudiées depuis longtemps. On sait déjà que certaines populations sont spécifiquement exposées à certains risques environnementaux (les tsiganes, par exemple). On ne peut que s'interroger sur l'exposition aux risques environnementaux (canicules, ilots de chaleur) dans la ville de demain, particulièrement dans un contexte de vieillissement généralisé de la population. Comment les futurs réfugiés climatiques seront-ils accueillis et intégrés ? Comment les pathologies pourront-elles être prises en compte ? Au-delà des questions d'inégalités face aux risques, comment traiter la question de l'accès aux soins ?
Comment assurer la capacité résolutive des politiques publiques dans le domaine de l’environnement sans pour autant que ces enjeux n’altèrent ceux liés à la cohésion socioéconomique des territoires et, inversement, sans pour autant que l’environnement soit oublié au nom de ces mêmes enjeux?
L’enjeu « inégalité » est une thématique sociologique classique, c’est donc par celle-ci que nous voulons amorcer l’interrogation liant environnement et société. Sans poser d’emblée la présence d’inégalités, nous voulons étudier l’effet des politiques d’environnement sur la question sociale des inégalités, et inversement. Sur la base des travaux anglo-saxons autour de la notion de « justice environnementale » (qui ne peuvent être transposés de façon directe aux problématiques européennes et canadiennes), comme sur la base des multiples travaux conduits en France et au Québec, nous voulons éprouver cette connaissance dans des projets territoriaux concrets liant nature et société.
La synthèse entre justice sociale et environnement ne s’opère pas de manière aussi claire au Canada et en Europe. De fait, comment s'interroger sur le lien entre justice sociale et environnement? Comment s’effectue la synthèse entre environnement et inégalité? Doit-on parler de justice environnementale ou de mise en justice de l’environnement? L’objectif est de mettre en lumière les enjeux inhérents au croisement de ces questionnements tout autant scientifiques que sociopolitiques, et de préciser les axes de recherche nécessaires pour mieux saisir la complexité de cette relation.