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Jean-Yves Desgagnés : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Après 25 ans d'engagement dans la lutte à la pauvreté au Québec, notamment au Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FPASQ), au cours duquel il a constaté que l'expérience de la pauvreté était différente de celle des femmes, l'auteur de la conférence a entrepris des études doctorales visant à documenter et comprendre le rôle de l'identité de genre masculin dans les stratégies utilisées par ces hommes pour éviter la pauvreté ou s'en sortir.
S'inscrivant dans une épistémologie de construction des connaissances à la fois constructiviste, critique, réflexive et participative, et à partir d'une méthodologie qualitative de type phénoménologique, l'auteur a utilisé des données secondaires, soit 27 entrevues réalisées en 2006 auprès d'hommes allocataires d'aide sociale dans le cadre d'un projet de recherche du Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales, les discriminations et les pratiques alternatives de citoyenneté (CREMIS), et a analysé de manière plus approfondie 17 de celles-ci.
Les résultats de son analyse permettent de mieux comprendre le processus ayant conduit ces hommes de l'autoréalisation de soi à la « vie nue » (Bibeau, 1998). Si la lutte des places de Gaulejac & Léonetti (1994) se confirme comme étant un facteur déterminant dans ce processus d'appauvrissement, la masculinité hégémonique, le classisme et le fonctionnement d'aide sociale sont d'autres facteurs qui interagissent et poussent à la « vie nue ».
Depuis plus de trente ans, le champ de recherche et d’intervention auprès des hommes se développe au Québec et ailleurs dans le monde. Sous-jacentes à ces pratiques scientifiques et cliniques, on retrouve des manières de comprendre et d’analyser, et des paradigmes qui ont fait leurs preuves. Par exemple, on pourrait dire que l’un de ces paradigmes – d'ordre normatif – s’intéresse au processus de socialisation des garçons et des hommes dans une logique de saisir les contraintes de rôle de genre issues de la plus ou moins grande adéquation des réalités masculine en regard de différents référents normatifs (O’Neil, 2008). Alors qu’un autre – d’ordre structurel – met l’accent sur cerner les rapports de pouvoir, de force et d’oppression entre les hommes et les femmes, mais aussi entre les différentes manières d’être homme (Connell & Messerschmidt, 2005).
Pour ce colloque, l’équipe de recherche Masculinités et société propose un échange sur les nouvelles manières de penser le masculin en ouvrant sur les perspectives émergentes en recherche et en intervention.