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Samuel Lizotte : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
À la fin de sa vie, Hobbes a écrit la chose suivante :
« Before my work, nothing had ever been written in Ethics except for some commonly-received arguments. But I succeeded in deriving the habits of men from an examination of human nature, the character of the virtues and the vices from the law of nature, and the goodness and evil of actions from the civil law[1]. »
Mais quelle est donc cette théorie morale que Hobbes prétend avoir fondée ? C'est cette question qui a guidé la création de ma communication. On constatera, à la lecture de plusieurs passages des Elements of Law et du Léviathan, que Hobbes semblait s'être embarqué dans une tâche impossible, soit celle de fonder une théorie morale sur les passions, qui sont traditionnellement considérées comme purement subjectives, relatives et contextuelles.
Or, nous verrons que si les biens et les maux sont certainement, pour Hobbes, « subjectifs », il n'est pas aussi certain qu'ils sont « relatifs ». Même à l'état de nature, Hobbes juge que le bien et le mal ainsi que le juste et l'injuste existent.
Nous constaterons enfin que Hobbes en viendra néanmoins à préciser que sa théorie morale trouve toute sa force dans l'État civil, où le souverain peut, à l'aide de sa puissance absolue et contraignante, établir et maintenir les lois morales.
[1]Cité par SKINNER, Quentin (1996). Reason and Rhetoric in the Philosophy of Hobbes. Cambridge, Cambridge University Press, pp. 325-326.
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.