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Emanuelle Dufour : Université de Montréal
L'adaptation culturelle de cursus scolaires et de services postsecondaires peut-elle contribuer à la revitalisation identitaire et culturelle des étudiants de Premières Nations? L'ancrage identitaire peut-il contribuer à favoriser la réussite scolaire et donc, ultimement, à l'amélioration des conditions socioéconomiques des peuples autochtones du Québec? À travers les notions de sécurité culturelle et d'enracinement identitaire, je tenterai de démontrer que l'aménagement d'espaces physiques et idéologiques à l'intérieur du système scolaire contribue effectivement à la rétention et à la réussite des étudiants de Premières Nations. Pour ce faire, je m'appuierai sur les conclusions d'une enquête, menée auprès d'une centaine d'étudiants de Premières Nations et une vingtaine de travailleurs du milieu, rendue possible grâce à la collaboration de différentes instances éducatives incluant notamment le volet Jeunes autochtones du Projet SEUR de l'Université de Montréal, le CEPN et l'Institution collégiale Kiuna, l'Aboriginal Resource Center du Cégep John-Abbott, la First Peoples' House et le Indigenous Student Alliance (ISA)de l'Université McGill, le Aboriginal Student Resource Center de Concordia et le CDFM de Wendake entre 2013 et 2015. Les entrevues ont été partiellement réalisées en collaboration avec Léa Lefevre Radelli, étudiante en cotutelle en Sciences des religions à l'Univer
Au début des années 1960, Lévi-Strauss prédisait que l’anthropologie allait subir une crise majeure, car son « objet d’étude principal », l’indigène, échappait à son emprise. Non seulement parce que les mouvements d’émancipation remettaient en question la légitimité du pouvoir colonial, mais aussi parce que les membres des peuples dominés commençaient à réfuter les discours qui justifiaient le colonialisme. Quinze ans plus tard, Saïd publiait L’orientalisme, un ouvrage dans lequel il dénonçait la « domination textuelle » de l’Occident sur l’Orient. Pour Saïd, la littérature et les narrations européennes qui dépeignaient l’Orient ainsi que les analyses universitaires qui soutenaient que la « Raison » devaient être imposées aux Orientaux servaient de justification au projet colonial.
Cette domination textuelle a longtemps minimisé les productions littéraires, artistiques, intellectuelles ainsi que les connaissances des peuples colonisés. Avec la montée des mouvements de décolonisation, les intellectuels des pays dominés ont entrepris une contestation de cette textualité. Celle-ci a pris plusieurs formes, la première consistant à déconstruire les discours eurocentristes en contestant l’universalisme des valeurs et de la science occidentale. La seconde permit aux peuples colonisés d’actualiser et de valoriser leurs propres narrations, leurs propres discours, leurs propres textes littéraires, traditions esthétiques et religions.
Saïd a été l’un des premiers à théoriser et à déconstruire la colonisation textuelle effectuée par les institutions occidentales. Récemment, s’est développé au sein des peuples autochtones ce même processus de décolonisation textuelle. L’objectif de cet atelier est d’examiner les différentes composantes de ce processus : réécriture critique de l’histoire; décolonisation de la recherche, de l’éthique et des méthodologies; productions littéraires, cinématographiques et artistiques destinées à rendre aux autochtones le contrôle de leur propre textualité.
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