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David Lefrançois : UQO - Université du Québec en Outaouais
Martineau (1999) soulignait le caractère actif, réflexif et axé sur la résolution de problème des programmes québécois d'histoire des années 1980. Pourtant, les manuels qui leur étaient associés impliquaient une conception monocausale et linéaire de l'histoire, attribuant à une «cause externe modifiable» (tel ou tel «grand personnage») ou à une «cause externe stable» (telle «grande idée») la plupart des changements sociaux favorables à une «majoration démocratique», mais invoquant rarement l'influence de «causes internes modifiables» (l'action des «gouvernés») sur l'évolution de la démocratie (Ethier, 2006). Nous présenterons les conditions de production et la structure générale des manuels d'histoire québécois, utilisés au deuxième cycle du secondaire. L'organisation, les contenus et les activités proposés par ces manuels seront analysés, afin de voir comment les auteurs présentent certains groupes sociaux de la société québécoise et quels rôles sociaux et historiques ils leur attribuent. Cette analyse des manuels fera émerger certaines hypothèses quant au discours dominant concernant l'agentivité des membres des Premières Nations et aux construits sociohistoriques d'«adjuvants» ou d'«opposants» qu'il traduit. Grâce à l'analyse de contenu d'extraits portant sur les Premières Nations, l'on constatera que peu d'Autochtones «protagonistes» défendent collectivement leurs revendications contextualisées
Au début des années 1960, Lévi-Strauss prédisait que l’anthropologie allait subir une crise majeure, car son « objet d’étude principal », l’indigène, échappait à son emprise. Non seulement parce que les mouvements d’émancipation remettaient en question la légitimité du pouvoir colonial, mais aussi parce que les membres des peuples dominés commençaient à réfuter les discours qui justifiaient le colonialisme. Quinze ans plus tard, Saïd publiait L’orientalisme, un ouvrage dans lequel il dénonçait la « domination textuelle » de l’Occident sur l’Orient. Pour Saïd, la littérature et les narrations européennes qui dépeignaient l’Orient ainsi que les analyses universitaires qui soutenaient que la « Raison » devaient être imposées aux Orientaux servaient de justification au projet colonial.
Cette domination textuelle a longtemps minimisé les productions littéraires, artistiques, intellectuelles ainsi que les connaissances des peuples colonisés. Avec la montée des mouvements de décolonisation, les intellectuels des pays dominés ont entrepris une contestation de cette textualité. Celle-ci a pris plusieurs formes, la première consistant à déconstruire les discours eurocentristes en contestant l’universalisme des valeurs et de la science occidentale. La seconde permit aux peuples colonisés d’actualiser et de valoriser leurs propres narrations, leurs propres discours, leurs propres textes littéraires, traditions esthétiques et religions.
Saïd a été l’un des premiers à théoriser et à déconstruire la colonisation textuelle effectuée par les institutions occidentales. Récemment, s’est développé au sein des peuples autochtones ce même processus de décolonisation textuelle. L’objectif de cet atelier est d’examiner les différentes composantes de ce processus : réécriture critique de l’histoire; décolonisation de la recherche, de l’éthique et des méthodologies; productions littéraires, cinématographiques et artistiques destinées à rendre aux autochtones le contrôle de leur propre textualité.
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