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Natalie Fontalvo : Université Laval
Cette communication visera à présenter la problématique, l'état de la question et la démarche d'un projet de mémoire en recherche-création, en cours. La première partie de ce projet vise l'écriture d'un scénario original dont une des protagonistes est une esclave Noire en
Nouvelle-France. La deuxième partie du projet prend la forme d'un essai critique sur les enjeux liés à cette écriture. L'on tentera alors de répondre à la question suivante : comment recréer l'ambiance historique propre à l'esclavage en Nouvelle-France dans un scénario de fiction, tout en demeurant accessible à un large public contemporain et en tenant compte de l'état des connaissances sur le sujet?
Le questionnement sur la capacité du cinéma à produire un discours significatif et juste sur le passé1 se situe au cœur de cette réflexion. De manière générale, les sources qui s'offrent au chercheur intéressé par l'esclavage nous renseignent plus sur les sociétés esclavagistes que sur les esclaves. Il s'agit de paroles rapportées, souvent déformées. L'on fait face ainsi à un dilemme : « comment écrire l'histoire de femmes et d'hommes à qui l'ont a refusé pendant longtemps la possibilité d'écrire leur propre histoire? 2 ».
Si depuis les années soixante, un certain nombre d'historiens québécois s'intéresse à l'esclavage pendant le Régime français, il s'agira de la première fois que leurs travaux nourriront un scénario de fiction.
Ce colloque invite les chercheurs de tous bords à une réflexion sur les représentations de la colonisation dans les littératures francophones contemporaines. Les angles de réflexion suivront — sans obligatoirement s’y limiter — les questionnements suivants : Comment les littératures francophones contemporaines représentent-elles la colonisation? L’investissent-elles de nouveaux contenus? Lui fixent-elles de nouveaux enjeux? Déploient-elles de nouvelles techniques d’écriture? Quelles nouvelles utopies, quels nouveaux projets de société proposent-elles et à quelles fins? À quelle nouvelle épistémè le champ littéraire francophone contemporain, en gardant ouverte la page de l’histoire coloniale, ouvre-t-elle? Quel(s) autre(s) savoir(s) sur le phénomène colonial — et ses divers épiphénomènes — cette épistémè recèle-t-elle? À quelle nouvelle (méta)critique du fait colonial les textes littéraires s’emploient-ils? Comment inscrivent-ils, dans leur déploiement narratif et énonciatif, la mémoire coloniale?
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