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Le cinéma muet du 21e siècle : l'expérience de la surdité

RK

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Ruth Kitchen : EHESS - École des hautes études en sciences sociales

Résumé de la communication

Cette communication se lie à un projet financé par une bourse Marie Sklodowska-Curie. Il prend une approche théorique et éducationnelle à l'étude de la compréhension et des représentations sociales de la surdité à travers le cinéma du XXIème siècle. Seules deux études se sont intéressées au cinéma et à la surdité: Schuchmann (1988) et Jouannet (1999). Il n'y a pas d'ouvrage sur le cinéma du XXIème siècle. Le projet comble cette lacune.

Dans l'analyse, qui fera référence à trois films récents, le cinéma est objet et outil de recherche. Sorti en France en octobre 2014, The Tribe en langue des signes ukrainienne sans sous-titres a connu un succès appréciable. Bien que The Artist (2011) et Blancanieves (2012) ne représentent ni les sourds ni la thématique de la surdité, ils révèlent un nouvel intérêt porté au cinéma muet qui est plus accessible aux sourds. Peut-on parler d'une nouvelle ère du cinéma muet ? Quels en sont les enjeux?

Ce cinéma a trois caractéristiques – un intérêt pour la langue des signes comme langue de facto cinématographique ; pour la sophistication du langage visuel du cinéma muet, sa façon de «raconter une histoire par images » dit Pablo Berger, le réalisateur de Blancanieves ; et, pour la manière dont le cinéma muet joue avec l'expérience du son (bruits environnementaux et musique). S'appuyant sur des théories du son et du cinéma muet (Chion 2005, 2009 ; Marie 2005), cette communication démontrera comment le cinéma muet explore l'expérience de la surdité.

Résumé du colloque

Le mouvement social sourd a mobilisé une affirmation positive née de la conviction que les personnes sourdes expérimentent le monde différemment des personnes entendantes (Padden & Humphries, 1988). En réponse à une vision médicale situant la perte auditive comme une déficience, il met de l’avant une appartenance socioculturelle ayant comme pivot l’identité sourde et les langues des signes (Bauman & Murray, 2014).

L’objectif de ce colloque est d’offrir aux chercheurs et étudiants évoluant dans un cadre lié aux études sourdes francophones une plateforme d’échange sur leurs intérêts de recherche en regard de leurs différentes méthodologies, approches et postures épistémologiques. La majorité des travaux en études sourdes étant actuellement publiés en anglais, et concernant principalement les réalités états-uniennes et britanniques (Foster, 2007), nous proposons une mise en commun des savoirs et des enjeux propres aux pays et communautés francophones, que ce soit au Québec, en France ou ailleurs.

C’est dans une perspective d’échange que nous rassemblons des chercheurs et des étudiants de divers domaines (anthropologie, communication, ergothérapie, études urbaines, éducation, linguistique, psychologie, sociologie, etc.), d’universités québécoises, françaises, canadiennes, américaine et britannique, pour construire un dialogue sur les thématiques de recherche et les enjeux émergents actuels, dont :
– la promotion des droits des sourds et l’accès aux services;
– l’intégration et l’inclusion en milieux scolaire et professionnel;
– les types d’expressions linguistiques en langue des signes;
– l’enseignement et la structure de la langue des signes;
– l’art et la création en langue des signes;
– les appartenances et les expériences sourdes.

Les 29 présentations retenues par arbitrage par les pairs seront regroupées pour ce colloque en sept séances, dont six tables rondes et une session d’affiches. Une dernière table ronde sera proposée à la fin du colloque par les chercheurs sourds du colloque afin de débattre des enjeux liés à la participation sociale des chercheurs sourds, une fois les études terminées.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 29 mai 2015

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