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Darren Saunders : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les structures de discours direct (DD) dans les langues des signes (LS) ont fait l'objet de nombreuses descriptions : changement de rôle (Mandel, 1977; Padden, 1986), jeux de rôle (Loew, 1984), discours/action construits (Metzger, 1995), et reproduction (Ferrara & Johnston, 2014).
L'apprentissage de ces structures est traité comme une compétence de haut niveau par les manuels d'enseignement des langues des signes comme L2 (Mikos et al., 2001; Signature, 2014). Rentelis (2009) remarque que les locuteurs sourds natifs de la BSL utilisent ces structures moins souvent que les locuteurs sourds non natifs. Les données comparatives de Rentelis ne prennent pas en compte le temps de production des DD, leurs formes (explicite, réduite et subtile (Cormier et al., sous presse)) et leurs types (discours ou action rapportée). Nous proposons une analyse comparative des DD produites en LSQ par 3 types de locuteurs sourds : natifs de la LSQ (n=3), non natifs avec l'ASL comme L1 (n=3) et non natif avec le français comme L1 (n=3). Nous comparons la forme et la fréquence des DD produits par ces trois groupes dans 12 discours pour chacun d'eux, élicités à partir de stimuli neutres (n=6) ou emphatiques (n=6).
Contrairement aux conclusions de Rentelis, nos résultats préliminaires montrent que les locuteurs sourds natifs produisent davantage de structure de DD que ceux dont la LSQ est la L2. Nos conclusions nous permettront de préciser les variables à considérer dans l'enseignement des DD en LSQ L2.
Le mouvement social sourd a mobilisé une affirmation positive née de la conviction que les personnes sourdes expérimentent le monde différemment des personnes entendantes (Padden & Humphries, 1988). En réponse à une vision médicale situant la perte auditive comme une déficience, il met de l’avant une appartenance socioculturelle ayant comme pivot l’identité sourde et les langues des signes (Bauman & Murray, 2014).
L’objectif de ce colloque est d’offrir aux chercheurs et étudiants évoluant dans un cadre lié aux études sourdes francophones une plateforme d’échange sur leurs intérêts de recherche en regard de leurs différentes méthodologies, approches et postures épistémologiques. La majorité des travaux en études sourdes étant actuellement publiés en anglais, et concernant principalement les réalités états-uniennes et britanniques (Foster, 2007), nous proposons une mise en commun des savoirs et des enjeux propres aux pays et communautés francophones, que ce soit au Québec, en France ou ailleurs.
C’est dans une perspective d’échange que nous rassemblons des chercheurs et des étudiants de divers domaines (anthropologie, communication, ergothérapie, études urbaines, éducation, linguistique, psychologie, sociologie, etc.), d’universités québécoises, françaises, canadiennes, américaine et britannique, pour construire un dialogue sur les thématiques de recherche et les enjeux émergents actuels, dont :
– la promotion des droits des sourds et l’accès aux services;
– l’intégration et l’inclusion en milieux scolaire et professionnel;
– les types d’expressions linguistiques en langue des signes;
– l’enseignement et la structure de la langue des signes;
– l’art et la création en langue des signes;
– les appartenances et les expériences sourdes.
Les 29 présentations retenues par arbitrage par les pairs seront regroupées pour ce colloque en sept séances, dont six tables rondes et une session d’affiches. Une dernière table ronde sera proposée à la fin du colloque par les chercheurs sourds du colloque afin de débattre des enjeux liés à la participation sociale des chercheurs sourds, une fois les études terminées.
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