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Zohra Chahrazade Lahcene : Université Amar Telidji de Laghouat
Depuis son émergence, Mohammed Dib se consacre à la cause de l'Algérie colonisée. Écrivain engagé, la trilogie Algérie s'inscrit dans la littérature de combat. « La grande maison » 1952, « l'incendie » 1954 et « le métier à tisser » 1957 décrivent la situation politique et les conditions de vie imposées par la nature de l'occupation du territoire algérien. Exilé en 1959 par l'administration française qui voit en lui et dans ses textes réalistes écrits en français un nationaliste et un fervent défenseur de la liberté du peuple colonisé, l'écrivain continue pourtant sa dénonciation de la colonisation et ce qu'elle impose aux « autochtones ».
L'avènement de l'indépendance en 1962 permet à l'écrivain de se consacrer à une écriture différente, plus symbolique dans sa forme. L'expression se déplace vers l'exploration des territoires de l'exil. «Les terrasses d'Orsol» 1985, « le sommeil d'Ѐve » 1989 et « Neige de marbre » 1990 forment la trilogie de l'exil ou de postindépendance. Une écriture dédiée aux formes de perditions identitaires et aux quêtes acharnées d'un nouveau moi.
De la première à la deuxième trilogie, deux types d'engagements s'imposent dans une écriture protéiforme, celui du rejet de l'autre dans ses territoires et celui des conséquences de la politique d'acculturation du colon. Cette littérature fait de lui un des écrivains dont les textes traversent l'ère coloniale et ce qu'elle provoque comme conséquences sur les peuples colonisés même après l'indépendance.
Ce colloque invite les chercheurs de tous bords à une réflexion sur les représentations de la colonisation dans les littératures francophones contemporaines. Les angles de réflexion suivront — sans obligatoirement s’y limiter — les questionnements suivants : Comment les littératures francophones contemporaines représentent-elles la colonisation? L’investissent-elles de nouveaux contenus? Lui fixent-elles de nouveaux enjeux? Déploient-elles de nouvelles techniques d’écriture? Quelles nouvelles utopies, quels nouveaux projets de société proposent-elles et à quelles fins? À quelle nouvelle épistémè le champ littéraire francophone contemporain, en gardant ouverte la page de l’histoire coloniale, ouvre-t-elle? Quel(s) autre(s) savoir(s) sur le phénomène colonial — et ses divers épiphénomènes — cette épistémè recèle-t-elle? À quelle nouvelle (méta)critique du fait colonial les textes littéraires s’emploient-ils? Comment inscrivent-ils, dans leur déploiement narratif et énonciatif, la mémoire coloniale?
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