Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Fabienne Venant : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le lexique mathématique peut être considéré comme un lexique de spécialité. Il est en effet
constitué d'un ensemble de termes qui lui sont propres et est structuré par des relations lexicales
parmi lesquelles la relation d'hyperonymie joue un rôle particulier, en lien avec le rôle donné à la
définition dans les preuves mathématiques.
Cependant, la plupart des termes (côté, figure, face, opération...) qui constituent ce lexique
correspondent à des acceptions de vocables polysémiques dont d'autres sens sont également
largement utilisés dans le langage courant. Nous sommes ici dans un cas particulier de ce que
Putnam (1974) a appelé la « division du travail linguistique ». Des études récentes en didactique
des mathématiques (Mathé 2008 et 2012, Perray 2008) montrent que cet ancrage du langage
mathématique dans le langage courant peut interférer avec l'acquisition du vocabulaire
mathématique chez des élèves de primaire et de secondaire.
Nous nous intéressons donc dans cette communication aux liens entre langage courant et langage
mathématique en nous appuyant sur les outils lexicographiques issus de la théorie Sens-Texte
(Mel'čuk 1997; Polguère 2008) . Nous cherchons ainsi à expliciter, d'une part les relations entre
sens courants et sens spécialisés (mathématiques) des vocables, et, d'autre part, à mettre au jour
les relations et fonctions lexicales propres au lexique mathématique (génératrices par exemple de
collocations comme triangle équilatéral ou polygone régulier).
Le lexique d’une langue n’est pas un objet monolithique. Son étude passe par l’identification de caractéristiques particulières de mots isolés, mais aussi de regroupements de mots qu’on pourrait appeler des ensembles lexicaux. On peut les définir de différentes manières : par thématique (p. ex., le lexique de l’environnement), par niveau d’apprentissage (p. ex., le Basic English), par caractéristiques sémantiques (p. ex., événements, prédicats, objets, etc.), par contexte d’utilisation (p. ex., terminologie spécialisée vs langue générale). Selon l’optique retenue, les méthodes d’identification, de caractérisation, d’enseignement et de description ne sont pas les mêmes.
Il devient intéressant de comparer les différentes approches afin de voir dans quelles mesures elles peuvent s’alimenter et s’enrichir mutuellement. Le travail en vase clos des chercheurs s’intéressant à la thématique peut conduire à des recherches en parallèle qui sont trop rarement mises en commun dans un cadre d’échange multidisciplinaire. Or, une considération moins monolithique du lexique ne peut que conduire à des descriptions plus flexibles et complémentaires.
Le colloque permettra de :
1) réunir des chercheurs intéressés par la thématique du lexique à vocation particulière afin qu’ils puissent échanger sur leurs cadres théoriques, leurs méthodes et leur utilisation des divers sous-ensembles lexicaux;
2) explorer les bases théoriques de classes de vocabulaire ou de sous-ensembles lexicaux ou terminologiques;
3) caractériser des ensembles lexicaux;
4) réunir des chercheurs provenant de pays différents.
Dans un tel contexte, réunir des chercheurs provenant de la didactique, de la lexicologie, de la lexicographie, de la terminologie, de la linguistique de corpus et de l’informatique, des sciences cognitives, des sciences de l’information et des divers domaines spécialisés contribuera nécessairement à enrichir la réflexion sur le sujet.
Titre du colloque :
Thème du colloque :