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Cathal De Paor : Mary Immaculate College
Le mentorat des nouveaux enseignants par un collègue expérimenté illustre bien l'école comme lieu de collaboration. Dans les entretiens de conseil qui suivent l'observation des séances de classe, une des tensions auxquelles le mentor doit faire face est entre, d'un côté, favoriser le consensus avec l'accompagné, et de l'autre, agir comme « garant du réel », en pointant les zones de fragilité dans les pratiques observées si nécessaire (Donnay et Charlier, 2006, p. 130). Dans tout travail collaboratif, l'établissement scolaire acquiert le statut de « référence privilégiée de développement et d'apprentissage professionnels » (Letor et Bagnoud, 2010, p. 171). Tel est le cas aussi dans le mentorat où le mentor a une opportunité de jouer un rôle clé dans la construction de la professionnalité de l'enseignante, comme dans l'accompagnement (Vinatier, 2009). La déstabilisation et la « dissonance cognitive » (Perrenoud, 2001, p. 196) nécessaires à la construction des savoirs peuvent en certaines occasions entraîner le désaccord. En même temps, à un moment charnière de leur carrière, l'évitement du conflit et la protection des enseignants débutants des souffrances qui pourraient être lourdes de conséquences pour leur devenir professionnel et pour leur apprentissage peuvent faire du sens. Notre communication porte sur les interactions verbales entre des nouveaux enseignants et leurs mentors en Irlande et vise à mettre à jour la continuité et la rupture dans le mentorat comme travail collaboratif.
À la suite de la réforme de 2000, et de la décentralisation qui s’en est suivie, l’école devait devenir une communauté d’apprentissage, permettant le développement d’une vision partagée (Poiret et Yvon, 2012). Cela présuppose un grand travail de collaboration et de concertation, de même qu'un partage des pouvoirs et des responsabilités, puisque tous les acteurs d’un milieu sont mobilisés autour de l’élaboration et de la mise en œuvre d’une mission collective. On comprend bien que, dans ce contexte, les pratiques collaboratives jouent un rôle important, aussi bien pour assurer la continuité entre différents milieux de vie scolaire que pour contribuer à la réussite éducative des élèves ainsi qu’au développement professionnel des enseignants. Même si les avantages de la collaboration sont nombreux (Letor, 2008), il ne semble pas y avoir de consensus sur la façon de collaborer. De plus, des dissonances entre les acteurs ou entre les milieux peuvent constituer une source d’immobilisme et un obstacle à la collaboration. Cette dernière se présente sous de multiples formes qu’on pourrait situer sur un continuum : de l’échange d’informations nécessitant un faible niveau d’interaction entre les acteurs (Landry, 2013) à une démarche où les transactions sociales permettent la coconstruction des connaissances, la confrontation des points de vue et la négociation, et où les acteurs cherchent à s’influencer mutuellement (Desgagné et al., 2001). Ce colloque vise à réunir des chercheurs qui se situent sur ce continuum et explorent diverses facettes de la collaboration. Certains s’intéressent au profil du praticien qui collabore alors que d’autres se questionnent quant aux effets de la collaboration sur le développement professionnel et le développement des enfants.
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