Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Sonia Le Moigne-Euzenot : ITEM Cnrs Paris
Si comme le montre le récent ouvrage de Xavier Garnier, les conséquences de la colonisation ont poussé un auteur comme Sony Labou Tansi à mettre en place « un dispositif apocalyptique » par « ses fictions narratives »[1], il n'en est pas de même vingt ans plus tard, pour les auteurs contemporains que sont le romancier Tierno Monémémbo et les auteurs de bande dessinée Christophe Cassiau-Haurie & Barly Baruti dont les expressions apparaissent bien plus apaisées. Le choix du contexte socio-politique cataclysmique que sont la seconde guerre mondiale pour Le terroriste noir de Tierno Monémembo publié en 2012 et la première guerre mondiale pour Madame Livingstone de Christophe Cassiau-Haurie & Barly Baruti publié en 2014 serait pourtant propice à l'expression d'une même révolte dans un contexte colonial exacerbé. Les espaces très particuliers que sont la France occupée ou le Congo Belge, le face à face entre un personnage Noir et un autre Blanc, dans chacune des deux œuvres retenues, entre un « objet » et un « sujet » pour reprendre les mots d'Achille Mbembé sont au contraire l'occasion non seulement de confronter réel et fiction mais aussi de raconter comment la relecture d'un passé commun est de nature à remplir les conditions d'émergence d' « une identité dynamique » que le lecteur est invité à définir. Sans doute ces récits cherchent-ils à transformer notre perception du monde à venir.
Ce colloque invite les chercheurs de tous bords à une réflexion sur les représentations de la colonisation dans les littératures francophones contemporaines. Les angles de réflexion suivront — sans obligatoirement s’y limiter — les questionnements suivants : Comment les littératures francophones contemporaines représentent-elles la colonisation? L’investissent-elles de nouveaux contenus? Lui fixent-elles de nouveaux enjeux? Déploient-elles de nouvelles techniques d’écriture? Quelles nouvelles utopies, quels nouveaux projets de société proposent-elles et à quelles fins? À quelle nouvelle épistémè le champ littéraire francophone contemporain, en gardant ouverte la page de l’histoire coloniale, ouvre-t-elle? Quel(s) autre(s) savoir(s) sur le phénomène colonial — et ses divers épiphénomènes — cette épistémè recèle-t-elle? À quelle nouvelle (méta)critique du fait colonial les textes littéraires s’emploient-ils? Comment inscrivent-ils, dans leur déploiement narratif et énonciatif, la mémoire coloniale?
Titre du colloque :
Thème du colloque :