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L'enseignement de la philosophie à l'université : une formation toujours pratique?

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Blandine Parchemal : Université de Montréal

Résumé de la communication

En 1807, lorsque que le projet de fondation de l'Université de Berlin fut présenté à Fichte, Schleiermacher et Humboldt, tous les trois placèrent la faculté de philosophie comme élément central de la nouvelle université. Néanmoins, ils ne se limitèrent pas à défendre la faculté de philosophie comme apportant un pur savoir théorique. De fait, chacun à leur manière, ils accentuèrent sur l'apport pratique de cette formation : formation de notre caractère, acquisition d'une vision d'ensemble, meilleure capacité à remplir notre future fonction professionnelle, etc.

Mais qu'en est-il aujourd'hui? Une formation universitaire en philosophie peut-elle continuer à apporter cette orientation pratique? L'éclatement du savoir en facultés spécialisées et le développement des filières professionnelles ne compromettent-elles pas ce rôle initial de la philosophie? En 1963, Habermas formulait le constat suivant : certes, la faculté de philosophie ne peut plus se présenter comme constituant l'unité du savoir. Néanmoins, si les sciences expérimentales peuvent nous doter de meilleures compétences techniques et nous enseigner un meilleur « savoir-faire », elles manifestent en même temps une incapacité à nous transmettre un « savoir-agir », à nous donner une réflexion sur le sens de nos actions.

Résumé du colloque

L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.

Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.

Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.

Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 29 mai 2015

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