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Astrid Tirel : UQAM - Université du Québec à Montréal
Dans les années 60, alors que les peuples colonisés revendiquent le droit à l'autodétermination auprès de l'Organisation des Nations Unies, les Autochtones du Canada sont éconduits par la communauté internationale, sous couvert de la théorie de « l'eau salée ». Selon celle-ci, seuls les peuples géographiquement séparés par une mer peuvent se prévaloir de mesures anticoloniales, ce qui constitue en soi un déni de la situation coloniale vécue par les Autochtones du Canada. C'est ainsi que ces derniers restent pris dans une logique de représentation figée dans le colonialisme. Or, l'histoire coloniale autochtone n'est pas celle de la rupture avec un ailleurs lointain, mais celle de la continuité, de la durée, de la survivance sur un territoire spolié et en constante lutte pour sa réappropriation. À travers sa dramaturgie, le théâtre autochtone francophone du Québec s'inscrit en faux contre l'historicisation occidentale et dénonce les effets coloniaux qui perdurent. Deux procédés relevés ici servent ces objectifs. Tout d'abord, le récit colonial, sans passer par une stricte mise en scène de la colonisation, se traduit bien souvent par un discours auto narratif qui se révèle autant dans la dramatisation du quotidien, que dans la représentation du déchirement identitaire ou dans la tentative d'atténuation de l'altérité. Aussi, l'esthétique globale du répertoire théâtral autochtone témoigne d'une revalorisation des savoirs traditionnels, au profit de l'ensemble de la communauté humaine.
Ce colloque invite les chercheurs de tous bords à une réflexion sur les représentations de la colonisation dans les littératures francophones contemporaines. Les angles de réflexion suivront — sans obligatoirement s’y limiter — les questionnements suivants : Comment les littératures francophones contemporaines représentent-elles la colonisation? L’investissent-elles de nouveaux contenus? Lui fixent-elles de nouveaux enjeux? Déploient-elles de nouvelles techniques d’écriture? Quelles nouvelles utopies, quels nouveaux projets de société proposent-elles et à quelles fins? À quelle nouvelle épistémè le champ littéraire francophone contemporain, en gardant ouverte la page de l’histoire coloniale, ouvre-t-elle? Quel(s) autre(s) savoir(s) sur le phénomène colonial — et ses divers épiphénomènes — cette épistémè recèle-t-elle? À quelle nouvelle (méta)critique du fait colonial les textes littéraires s’emploient-ils? Comment inscrivent-ils, dans leur déploiement narratif et énonciatif, la mémoire coloniale?
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