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Guillaume Bard
Cet essai traite de la nature des raisons d'agir: plus précisément, j'émets certaines réserves générales face au factualisme, réserves qui prennent la forme plus particulière d'une critique de la théorie proposée par Maria Alvarez (2010). Le débat quant à la nature des raisons oppose la conception mentaliste et la conception factualiste. La position mentaliste s'inspire de la théorie humienne de la motivation et ses défenseurs insistent sur l'idée que les raisons qui motivent un agent A à poser une action φsont constituées d'un composite désir/croyance. La conception factualiste consiste à rejeter l'idée que des actes mentaux, qu'ils soient d'origine cognitive ou conative, puissent constituer des raisons. Ontologiquement parlant, les raisons seraient plutôt des faits. Cette stratégie factualiste n'est pas dépourvue d'intérêt si sa portée concerne les raisons justificatives: on peut envisager que des faits puissent déterminer le statut axiologique d'une action. Par contre, la stratégie se révèle problématique lorsqu'appliquée aux raisons motivantes et explicatives: peut-on vraiment rendre compte de ce qui motive l'action d'un agent, ou de ce qui l'explique, sans faire référence à ses désirs et croyances? Le cas des fausses croyances est particulièrement révélateur, puisque celles-ci demeurent motivantes du point de vue de l'agent. En bref, la théorie d'Alvarez peut sembler élégante sur le plan ontologique, mais c'est une élégance qui demeure purement métaphysique.
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.
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