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Les rapports entre philosophie collégiale, éthique et politique

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Jean-Claude Simard : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Les années 1970 furent une période d'intense ébullition sociale. Elles constituent aussi ce moment historique où la philosophie collégiale a sans doute atteint son degré de politisation maximale, au point où on a pu alors la qualifier de dogmatisme impénitent, voire de nihilisme. On rappellera d'abord les principaux aspects de cet étonnant phénomène.

Mais une telle politisation soulève en outre plusieurs questions fondamentales pour notre discipline. Tout d'abord, peut-on faire de la philosophie sans politique ou, du moins, sans effet politique? En somme, la philosophie possède-t-elle des frontières? Si oui, lesquelles et comment les détermine-t-on? D'ailleurs, quels rapports la philosophie politique entretient-elle avec l'éthique : sont-elles intrinsèquement liées? Si oui, la première constitue-t-elle un simple prolongement collectif de la seconde? Sinon, est-elle autonome?

Nous examinerons ces questions à la lumière de l'épisode des années 1970 et tenterons d'en tirer quelques enseignements. À cette occasion, nous défendrons une thèse simple : la notion de pouvoir est inséparable des rapports collectifs et irréductible au domaine de l'éthique individuelle ; ni l'éthique sociale, ni le concept de justice ne sont en mesure de combler entièrement cet écart. En ce sens, l'exercice du pouvoir consacre l'autonomie, au moins relative, de la sphère politique.

Résumé du colloque

L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.

Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.

Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.

Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 29 mai 2015

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