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Charles Gauthier-Marcil : Université Laval
Cette communication se penchera sur la « logique tragique » de l'histoire chez F. Hölderlin et M. Heidegger, pour tenter d'en dégager une autre posture face à ce qu'on pourrait appeler des « temps de crise ». En effet, ces deux auteurs ont compris ces temps de crise comme étant marqués par le déclin d'une époque. La crise y devient un point pivot, achevant une époque, et fondant la suivante. Pour Hölderlin, la souffrance occasionnée par le deuil de l'époque déclinante doit être ressaisie par le poète tragique dans l'instant critique, l'Augenblick, instant énigmatique qu'il s'agira de comprendre. C'est par cette ressaisie qu'une autre époque devient possible. Ce rôle est également assumé par le poète, chez Heidegger. Ce dernier l'explicite cependant en y adjoignant la notion de disposition affective fondamentale (Grundstimmung), dont le renouvellement est nécessaire pour qu'un autre rapport à l'être puisse advenir, et donc une autre histoire.
Face à la succession de crises qui semble marquer notre époque (économique, mais aussi culturelle, spirituelle, etc.) nous observons une volonté de s'accrocher aux traces du monde qui s'écroule, de manière à le préserver. Afin de penser une autre attitude face au déclin et à la crise, il nous semble pertinent de s'intéresser, dans une visée heuristique, aux conceptions du déclin, du passage et du commencement dans l'histoire, telles que M. Heidegger et F. Hölderlin, les ont pensées.
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.