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Joël Boudreault : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Le matérialisme de Hobbes a parfois poussé certains de ses contemporains, de même que quelques commentateurs, à se questionner sur la sincérité de son christianisme. En mettant en parallèle sa position avec ce qui est habituellement prôné par les autorités religieuses, il ressort effectivement une grande différence d'opinions dans certaines des grandes thèses du christianisme. Pourtant, en faisant appel aux Écritures plutôt qu'à l'autorité de certains docteurs et philosophes, Hobbes est en mesure de présenter sa position comme aussi valable et raisonnable, voire plus, que celles présentées dogmatiquement. Dans cet exposé, nous regarderons le rapport entre l'immortalité de l'âme et le matérialisme hobbesien. Nous étudierons ensuite le jugement dernier et la possibilité de la vie éternelle. Enfin, nous traiterons du lien entre la liberté et la nécessité.
L’expérience trouve son origine dans la connaissance sensible. Elle est particulière à chacun, et pourtant elle conduit à la connaissance scientifique universelle. Sans le secours du langage, elle reste inaccessible, mais le langage lui-même semble provenir d’elle. Données à jamais privées ou clef de voute de toute connaissance possible, la question de l’expérience est au centre d’une multitude de théories philosophiques fondamentales.
Toute personne ayant acquis un niveau d’expérience pertinente reconnu est considérée comme un expert, mais à quoi tient l’expertise? Qui sont les experts et qu’implique la détermination de leur statut épistémologique? Selon quel critère la communauté fait-elle d’un individu un expert? Quels droits et privilèges exerce-t-il dans une société démocratique? La question de l’expertise, bien qu’au centre du domaine de l’épistémologie, peut être abordée tant par le féminisme, par la philosophie des sciences, que par la philosophie politique.
Quant à l’expérimentation, elle désigne une expérience d’un type particulier : une expérience que l’on contrôle et réalise afin de « régler » certaines questions. L’expérimentation est une méthode puissante pour guider la connaissance et l’action. Toutefois, le lien qu’elle entretient avec la théorie dont elle découle est complexe. Les inférences sous-jacentes sont-elles toujours légitimes et suffisantes? De plus, les conditions des expérimentations soulèvent de graves questions éthiques. Qu’elles impliquent des sujets humains ou animaux, les expérimentations pharmaceutiques, par exemple, réduisent ces êtres à des outils scientifiques et peuvent dépasser une barrière éthique sous le couvert d’objectifs médicaux touchant une plus grande masse.
Le thème que représente la combinaison des concepts d’expérience, d’expertise et d’expérimentation que propose la Société de philosophie du Québec pour son congrès 2015 peut être déployé de manière multiple et propre à interpeller tous les champs de la philosophie.