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« [P]as que souffrance, que victimes » : la mémoire coloniale chez An Antane Kapesh et Virginia Pésémapéo Bordeleau

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Isabella Huberman : University of Toronto

Résumé de la communication

N'ayant jamais été libérés du joug du colonialisme, les écrivains autochtones du Québec conçoivent l'écriture comme un lieu de combat; pour ceux-ci, l'expression littéraire est une prise de parole émancipatrice et revendicatrice de leur place dans la société. Je propose d'examiner le traitement de la mémoire coloniale dans les textes de deux femmes autochtones, l'une Innue, l'autre d'origines métissées, écrivant à presque quarante ans d'écart. La prise de parole initiale est incarnée dans le récit de vie d'An Antane Kapesh, Je suis une maudite sauvagesse / Eukuan nin matshimanitu innuiskueu (1976), considéré comme le premier texte publié en français par une Autochtone du Québec. Kapesh conçoit le livre comme l'occasion de rectifier le récit de l'histoire officielle en révélant les torts subis par les Montagnais aux mains des Blancs. L'expérience du colonialisme est dépeinte sous un autre jour sous la plume de Virginia Pésémapéo Bordeleau dans L'amant du lac (2013). Si ce roman permet de revenir sur l'histoire officielle, il est également conçu comme une réponse à la prise de parole initiale. Dans ce roman érotique, Pésémapéo-Bordeleau conteste la représentation de l'Autochtone comme la victime décrite dans l'œuvre de sa prédécesseure et dépeint plutôt à sa place, un sujet désirant et jouissant. En comparant le témoignage polémique au roman érotique, je soulignerai les enjeux de la représentation de la mémoire coloniale chez les auteures autochtones du Québec.

Résumé du colloque

Ce colloque invite les chercheurs de tous bords à une réflexion sur les représentations de la colonisation dans les littératures francophones contemporaines. Les angles de réflexion suivront — sans obligatoirement s’y limiter — les questionnements suivants : Comment les littératures francophones contemporaines représentent-elles la colonisation? L’investissent-elles de nouveaux contenus? Lui fixent-elles de nouveaux enjeux? Déploient-elles de nouvelles techniques d’écriture? Quelles nouvelles utopies, quels nouveaux projets de société proposent-elles et à quelles fins? À quelle nouvelle épistémè le champ littéraire francophone contemporain, en gardant ouverte la page de l’histoire coloniale, ouvre-t-elle? Quel(s) autre(s) savoir(s) sur le phénomène colonial — et ses divers épiphénomènes — cette épistémè recèle-t-elle? À quelle nouvelle (méta)critique du fait colonial les textes littéraires s’emploient-ils? Comment inscrivent-ils, dans leur déploiement narratif et énonciatif, la mémoire coloniale?

Contexte

section icon Thème du congrès 2015 (83e édition) :
Sortir des sentiers battus
section icon Date : 29 mai 2015

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