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Anatole Gruzelle : Université de Lorraine
La stratégie de prévention du risque hydrique nécessite la production et l'acquisition de connaissances dans des secteurs vulnérables.
Notre objectif est la construction d'une méthode d'analyse prospective pour l'étude des milieux avec l'observation comme point central du dispositif, associant des études de terrain indispensables, l'enquête sociogéographique et l'observation d'images aériennes. Son application sur trois bassins de risque dans la méditerranée occidentale (France), le Rif oriental (Maroc) et la région métropolitaine de Rio de Janeiro (Brésil) permet d'analyser les interactions population-milieu naturel et de caractériser les relations homme-espace à risque. Le dispositif suivi exige une posture permanente de recherche-action entre les activités de terrain et la recherche scientifique avec : -l'élaboration et l'application de grilles originales sur le risque hydrogéomorphologique, -l'étude expérimentale de la perception des populations dans les zones à risques (questionnaire, parcours commenté), -l'enquête d'acteurs de la gestion du risque (entretien, observation participante, immersion), -la comparaison multichronique des espaces. L'approche comparative permet de normaliser une démarche à la croisée des sciences physiques et humaines sur le risque naturel et l'interprétation de résultats d'analyse. La connaissance acquise dans les sites étudiés a pour finalité le développement de l'information préventive incité par la stratégie internationale de réduction du risque.
Pour une plus grande résilience des collectivités au Québec
Les risques naturels sont omniprésents dans notre monde en changement, un fait confirmé par les événements des dernières décennies au Québec comme ailleurs dans le monde. Le passage de la tempête Arthur au mois de juillet 2014 sur le pourtour de la Gaspésie est un exemple récent d’aléa ayant généré des dommages de plusieurs millions de dollars aux infrastructures routières du village de Marsoui, notamment, lequel se remet encore de l’impact de la tempête dans le cœur du village. De plus, non seulement les aléas naturels surviennent naturellement, mais il semble que leur fréquence et leur amplitude changent avec l’évolution du climat, ce qui rend caduque la perception selon laquelle il est possible de les contrôler.
Dans la mouvance de cette prise de conscience, l’Organisation des Nations unies a lancé en 2005 la Stratégie internationale de prévention des catastrophes (SIPC), dont le principal objectif est de prendre en considération la notion de risque à l’échelle de la planète. Au Québec, par suite de la crise du verglas de janvier 1998, le ministère de la Sécurité publique a mis en place en 2001 la Loi sur la sécurité civile dans le but de rendre les collectivités plus résilientes. En mars 2014, il a adopté la Politique québécoise de sécurité civile 2014-2024, dont la résilience des collectivités constitue le cœur. Cette politique offre un cadre législatif renouvelé à l’égard des risques et de la réponse des autorités et des collectivités à ces derniers.
Il apparaît extrêmement pertinent, tant du point de vue de la recherche universitaire que dans l’optique d’arrimer cette recherche à la mise en œuvre de politiques publiques efficaces, de mettre en relation les différents intervenants concernés.
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