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Fatma-Zohra Kouchkar Ferchouli : École Nationale Supérieure de Sciences Politiques
« Mesdames et Messieurs, le colonialisme vécu au jour le jour par nos ancêtres, sur quatre générations au moins, a été une immense plaie ! Une plaie dont certains ont rouvert récemment la mémoire, trop légèrement et par dérisoire calcul électoraliste. En 1950 déjà, dans son « Discours sur le Colonialisme » le grand poète Aimé Césaire avait montré, avec le souffle puissant de sa parole, comment les guerres coloniales en Afrique et en Asie ont, en fait, "décivilisé" et "ensauvagé", dit-il, l'Europe » (Assia Djebar, Discours de réception à l'Académie française). Si, comme le montre le passage ci-dessus, Assia Djebar a tenu à rappeler brièvement dans son « Discours de réception de l'Académie française » ce que la colonisation a été pour tous ceux qui ont eu à la subir, c'est à double titre : en tant que témoin de la guerre d'indépendance algérienne et en tant qu'historienne. Il n'est pas étonnant que son écriture porte les « stigmates » de cette double implication. Ainsi, dans Les enfants du nouveau monde (1962), Femmes d'Alger dans leur appartement (1980, 2002), L'amour, la fantasia (1985, 1995) et dans La femme sans sépulture (2002), l'écriture et l'Histoire sont étroitement imbriquées. Cette communication a pour objectif de démontrer que, plus que dans tous ses autres écrits, c'est dans L'amour, la fantasia qu'Assia Djebar donne à lire tout un pan mal connu de l'Histoire coloniale de l'Algérie.
Ce colloque invite les chercheurs de tous bords à une réflexion sur les représentations de la colonisation dans les littératures francophones contemporaines. Les angles de réflexion suivront — sans obligatoirement s’y limiter — les questionnements suivants : Comment les littératures francophones contemporaines représentent-elles la colonisation? L’investissent-elles de nouveaux contenus? Lui fixent-elles de nouveaux enjeux? Déploient-elles de nouvelles techniques d’écriture? Quelles nouvelles utopies, quels nouveaux projets de société proposent-elles et à quelles fins? À quelle nouvelle épistémè le champ littéraire francophone contemporain, en gardant ouverte la page de l’histoire coloniale, ouvre-t-elle? Quel(s) autre(s) savoir(s) sur le phénomène colonial — et ses divers épiphénomènes — cette épistémè recèle-t-elle? À quelle nouvelle (méta)critique du fait colonial les textes littéraires s’emploient-ils? Comment inscrivent-ils, dans leur déploiement narratif et énonciatif, la mémoire coloniale?
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