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Les liens entre le récit, les éléments du récit, la photographie, les œuvres d'art associés à la représentation géographique des lieux et leur reproduction sont considérés ici comme base de réflexion à la représentation de l'immatériel des paysages. La cartographie culturelle est un des outils de mise en valeur des paysages et un moteur d'innovation culturelle. En considérant les propos de Florida (2002) qui propose : « que les aménités culturelles sont devenues dans les pays industrialisés un élément majeur d'attractivité territoriale », notre communication cherche à présenter comment nous pouvons valoriser les dimensions géoculturelles et géo historiques des territoires à l'aide de la cartographie . Nous allons donc tenter de répondre à certaines questions soulevées par ce colloque notamment qui est : « de pouvoir rendre aux Autochtones à travers l'art le contrôle de leur propre textualité ». Nous allons ainsi tenter de répondre aux questions suivantes: a) comment pouvons-nous via la cartographie en apprendre davantage sur le plan culturel des territoires et de leurs communautés? b) comment pouvons-nous appréhender les dimensions culturelles autochtones? c) comment la cartographie culturelle peut-elle permettre de favoriser le développement des collectivités d'artistes autochtones et favoriser la rencontre entre les artistes autochtones et ceux du reste de la société afin qu'ils puissent mieux positionner leur propre textualité?
Au début des années 1960, Lévi-Strauss prédisait que l’anthropologie allait subir une crise majeure, car son « objet d’étude principal », l’indigène, échappait à son emprise. Non seulement parce que les mouvements d’émancipation remettaient en question la légitimité du pouvoir colonial, mais aussi parce que les membres des peuples dominés commençaient à réfuter les discours qui justifiaient le colonialisme. Quinze ans plus tard, Saïd publiait L’orientalisme, un ouvrage dans lequel il dénonçait la « domination textuelle » de l’Occident sur l’Orient. Pour Saïd, la littérature et les narrations européennes qui dépeignaient l’Orient ainsi que les analyses universitaires qui soutenaient que la « Raison » devaient être imposées aux Orientaux servaient de justification au projet colonial.
Cette domination textuelle a longtemps minimisé les productions littéraires, artistiques, intellectuelles ainsi que les connaissances des peuples colonisés. Avec la montée des mouvements de décolonisation, les intellectuels des pays dominés ont entrepris une contestation de cette textualité. Celle-ci a pris plusieurs formes, la première consistant à déconstruire les discours eurocentristes en contestant l’universalisme des valeurs et de la science occidentale. La seconde permit aux peuples colonisés d’actualiser et de valoriser leurs propres narrations, leurs propres discours, leurs propres textes littéraires, traditions esthétiques et religions.
Saïd a été l’un des premiers à théoriser et à déconstruire la colonisation textuelle effectuée par les institutions occidentales. Récemment, s’est développé au sein des peuples autochtones ce même processus de décolonisation textuelle. L’objectif de cet atelier est d’examiner les différentes composantes de ce processus : réécriture critique de l’histoire; décolonisation de la recherche, de l’éthique et des méthodologies; productions littéraires, cinématographiques et artistiques destinées à rendre aux autochtones le contrôle de leur propre textualité.
Titre du colloque :